Depuis le début de la crise sanitaire, le travail du sexe a été à l'arrêt 9 mois sur 12. Sans revenu, beaucoup de TDS travaillant en vitrine sur la commune de Saint-Josse, n'ont plus su payer leur loyer. A partir de septembre 2020, certains propriétaires de carrées ont exigé, en justice, le paiement en urgence des loyers en retard.

Les TDS travaillant en vitrine dans ce quartier situé derrière la gare du Nord sont parmi les plus précarisées de Bruxelles, indique l'ASBL Utsopi dans un communiqué. "Le prix des passes y est très bas (25 euros, parfois beaucoup moins). Le montant des loyers dépasse généralement les 1 000 euros (mais certains atteignent 2000 voire 3000 euros), pour des rez-de-chaussée d'une trentaine de m², délabrés, voire carrément insalubres. Les conditions de travail, dans ces carrées, sont non conforme à la dignité humaine."

Des TDS de Saint-Josse ont décidé de déposer plainte devant le juge d’instruction contre leurs propriétaires. "Il s'agit d'un fait exceptionnel, car généralement, les TDS n'osent pas faire valoir leurs droits devant la Justice. Elles craignent des représailles dans leur milieu de travail, et notamment le fait de ne plus pouvoir louer de vitrine, étant placées sur une liste noire par les propriétaires."