Ce mercredi à 11 h, un hommage sera rendu à la travailleuse du sexe retrouvée morte rue de Linné.

C'est un constat amer. "Un an après le meurtre d'Eunice - lardée de coups de couteau le 5 juin 2018 rue de Linné, derrière la gare du Nord -, c'est toujours la galère pour les travailleuses du sexe de Saint-Josse", lance le collectif de défense des travailleuses du sexe (TDS) Utsopi. "La semaine passée, encore de la violence sur Saint-Josse : des vitrines cassées, des TDS agressées, des règlements de compte entre bandes rivales. Et une tension maximale. Faudra-t-il encore un drame, pour qu’Emir Kir réagisse ?", s'interroge le collectif, qui distingue ici une énorme différence dans le traitement de la problématique entre Emir Kir et son voisin schaerbeekois Bernard Clerfayt.

"L'attitude des autorités communales de Saint-Josse à l'égard des TDS s'apparente de plus en plus à de la non-assistance à personnes en danger. Nous posons la question : pour favoriser ses mega-projets immobiliers, le bourgmestre Emir Kir laisse-t-il volontairement pourrir la situation dans le quartier, avant de le fermer autoritairement, malgré les arrêts implacables du Conseil d'Etat condamnant ses tentatives successives de coup de force ?"

Un hommage sur les lieux du drame, demain 11 h

Lors d'une marche pour Eunice réunissant 250 personnes, le constat sur la situation des TDS dans ce quartier étaient unanimes : "A un moment où la situation des TDS s'aggrave de plus en plus, dans un contexte d'insécurité grandissante, le quartier Nord avait besoin de mesures fortes". Sauf que, dénonce Utsopi, "rien n'a bougé depuis sur le territoire de Saint-Josse."

"Les autorités communales de Schaerbeek et le bourgmestre Bernard Clerfayt, sont toujours à l'écoute, toujours présents pour améliorer les conditions de vie et de travail dans le quartier Nord. Par contre, du côté de la commune de Saint Josse, rien. Le bourgmestre Emir Kir, ne respecte même pas le règlement communal qu'il a lui-même fait voter. Toujours pas de rencontre avec les autorités et le mépris le plus total pour les TDS du quartier. A part jeter les TDS à la rue et dans la clandestinité, soit en fermant une rue ou, simplement, en rachetant des maisons avec vitrine et en s'empressant de les murer, aucune proposition constructive des autorités communales de Saint-Josse.

Ce mercredi à 11 h, un hommage sera rendu à Eunice sur les lieux du drame, rue de Linné 130.