Cette commune est composée des 6.8 millions de m² vacants en Région bruxelloise. Elle a été inventée par six associations pour dénoncer les logements inoccupés.

Aujourd'hui Bruxelles compte une commune de plus, la commune Saint-Vide-Leegbeek. Sur son site web, elle est présentée comme la vingtième commune bruxelloise. Sa superficie fait près de 8 millions de m², soit l'équivalent de celle d'Ixelles et figure dès lors comme la 9ème plus grande commune de la Région bruxelloise.

Seulement voilà, Sainte-Vide n'est pas une municipalité comme les autres puisqu'elle est entièrement composée des espaces vides de Bruxelles. Inventée par six associations (Le Bral, La Communa, Toestand, La Febul, Woningen123logements et la SAW-B), cette commune a été conçue pour dénoncer les espaces inoccupés et le manque criant de logements en Région bruxelloise.

Et pour répondre à ce besoin, les six association prônent l’occupation temporaire comme solution immédiate à la crise du logement. "C'est dans la pratique du squat que l'on trouve les plus anciennes traces d'occupation de la 20ᵉ commune. Depuis des décennies, des personnes de tous bords investissaient les bâtiments inoccupés, lorsqu'au début des années 2000, un outil d’un nouveau genre apparaît : la convention d’occupation temporaire. Né de l'occupation d'un bâtiment régional, rue royale, l'outil s'est affirmé et a rapidement permis l'essaimage de la pratique et la création d'une multitude de lieux bruxellois. Bien que chaque lieu est unique en son genre, tous portent une vision déterminée des espaces vacants bruxellois", peut-on lire sur le site.

Enfin, les ASBL dénoncent aussi la logique commerciale dans l'utilisation des espaces vacants. "De grands opérateurs fonciers publics (SAU, Citydev, SLRB) ont récemment confié la gestion d’espaces de tailles importantes (Casernes, Actiris, Citygate II) à des entreprises privées qui, par un jeu de mise en concurrence, évincent les initiatives à but non lucratif", déplorent-ils. ". Elles les investissent d’une logique extractiviste dont les conséquences sont interpellantes : les personnes précarisées sont systématiquement exclues du processus d’occupation des lieux et les droits des occupantes sont réduits à peau de chagrin."

De son côté, la Région bruxelloise rappelle l'augmentation constante des amendes infligées par la cellule Logements inocuppés: €1 539 000 infligé en 2017 soit 4 fois plus qu’en 2014. "Mais ce n'est pas parce qu'un espace est inoccupé qu’il s’agit d’une situation illégale", explique Marie-France Muschang du cabinet de la ministre du Logement Céline Fremault (CDH). "Pour être constitutif d’infraction, il faut que les lieux soient effectivement affectés au logement et qu’une inoccupation d’au moins un an soit avérée."