Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi, s'est réjoui dimanche de la fin du campement de tentes installé par des personnes sans papiers à la Porte de Ninove, à Moleneek. Il a répété sa position dans ce dossier: que ce soit par l'organisation d'un tel campement ou par une grève de la faim, il ne se laissera pas contraindre à une politique régularisation plus souple. "Nous continuons à traiter les dossiers de personnes en séjour illégal sur une base individuelle, comme il convient. Les activistes sans papiers viennent à 90% du Maroc, de Tunisie ou d'Algérie. Comparer leur séjour illégal en Belgique avec les guerres en Syrie, Afghanistan ou Ukraine est particulièrement douloureux pour les nombreuses personnes qui fuient réellement devant la guerre", a-t-il déclaré.

Environ 250 personnes ont marché, dimanche, depuis la porte de Ninove vers l'Office des étrangers, où des tentes en carton ont symboliquement été installées.

Les manifestants voulaient dénoncer le "deux poids, deux mesures" de la "politique migratoire injuste du secrétaire d'Etat Mahdi". "Alors qu'il annonce que la Belgique ouvre ses portes aux Ukrainiens qui fuient la guerre, ce que nous soutenons aussi, il indique également la construction de trois nouveaux centres fermés pour ceux qu'ils considèrent comme 'des mauvais migrants'", dénoncent les manifestants.

Certains d'entre eux étaient installés depuis des mois dans un ancien bâtiment de KBC à Bruxelles, qu'ils devaient quitter pour le 31 mars. Un "camp de la régularisation" a été installé porte de Ninove, en guise de protestation, et toléré quelques jours par la bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux.

"Le combat ne s'arrête pas, nous n'abandonnerons jamais", ont ajouté les manifestants, dont certains vivent en Belgique depuis plus de 20 ans. "Nous accusons Sammy Mahdi de lâcheté politique. (...) Il préfère un calcul politique écœurant à la santé et la dignité de 100.000 personnes sans-papiers en Belgique."