Après trois semaines sous une tente, Olivier et Maya ont trouvé un logement.

ur histoire a ému les riverains et les réseaux sociaux. Le vendredi 13 septembre dernier, Olivier et Maya se sont retrouvés à la rue, obligés de dormir sous une tente dans les buissons d’un petit parc de Ganshoren. Sans électricité ni vraiment de sécurité et encore moins de confort. Mais Olivier est du genre optimiste. Déterminé à s’en sortir, il colle des petits messages dans le quartier : “SDF depuis ce vendredi matin, je dors sous tente avec Maya, mon petit chien, elle est propre, calme et très sociable. Homme belge, sérieux, non-fumeur et discret, cherche logement temporaire contre loyer + aides ménagères. Aidez-moi SVP. Olivier.”

Une riveraine partage l’annonce sur Facebook et les messages de soutiens commencent à affluer. Mais les propositions de logement qu’il reçoit n’aboutissent pas. “Ça a été très dur à traverser parce que c’était l’ascenseur émotionnel. On me proposait quelque chose puis on se rétractait ou ne me rappelait pas.” Dimanche, un gestionnaire d’immeuble le contacte, ému par sa situation. Il dispose d’un logement inoccupé et lui propose de s’y installer gratuitement pendant deux mois.

Hier après-midi, c’est avec des larmes de joie qu’il nous raconte comment s’est passée la visite. “C’était très bien ! Il a été franc avec moi et m’a écouté. L’appartement est très grand.” Il tient à prouver qu’il veut s’en sortir et ne cherche pas les ennuis, alors il montre ses bras : “Les seules piqûres que j’ai sont dues à des dons de sang à la Croix Rouge.” Convaincu de sa bonne volonté, le gestionnaire lui tend les clés de l’appartement. “C’est incroyable de dire ça, ce soir, je vais pouvoir prendre une douche !”, s’exclame Olivier, très ému.

Il pourra aussi mettre Maya à l’abri. Sa chienne borgne de quatre ans et demi est sa meilleure amie. “Elle m’a aidée il y a deux ans quand je me suis retrouvé dans une situation similaire.” Pas question pour lui de s’en séparer, tant pis pour les propositions de logement qui n’acceptent pas les animaux. “Là, je vais chercher mon lit de camp, mon ordinateur et Maya pour les emmener à l’appart. Je viendrai rechercher le reste après.”

Pour Olivier, cet emménagement est un nouveau départ. “À l’heure actuelle, je suis un phénix prêt à renaître de ses cendres ! Je vais pouvoir m’inscrire à une formation en décoration d’intérieur. Les cours ont commencé en septembre, j’espère pouvoir les rattraper.” Il aimerait aussi apprendre à coudre et à travailler le cuir, pour fabriquer ses propres vêtements et ceintures. Ces perspectives d’avenir le réjouissent d’autant plus qu’il entend les partager avec d’autres personnes dans le besoin.

Lorsque les deux mois sans loyer seront écoulés, Olivier pourra rester dans l’appartement à prix réduit s’il trouve des colocataires. “L’espace est trop grand pour moi, je suis ravi de pouvoir le partager avec d’autres. Et puis, j’ai reçu d’autres propositions de logement, je vais essayer de mettre les gens en contact pour que d’autres personnes puissent retrouver un toit. La chaîne de solidarité qui s’est mise en place est géniale, je veux la faire perdurer.”