Bruxelles Le collectif Mort de la rue rappelle que vivre dans la rue est dangereux tous les jours de l'année.

Avec l'arrivée de la vague de froid cette semaine sur la Belgique, les températures vont parfois descendre jusqu'à moins 10 degrés dans la capitale. Afin de protéger les sans-abri qui vivent dans la rue, de nombreuses places d'accueil ont été prévues par les plans hiver fédéral et régional. Mais les communes se sont aussi mobilisées pour offrir un accueil aux personnes sans domicile.

À Etterbeek, le bourgmestre Vincent De Wolf (MR) a pris une ordonnance de police en vue d'instaurer des mesures de protection des personnes sans-abri. "En qualité de Bourgmestre, je me dois de veiller à la sécurité de tous et de porter assistance aux personnes en danger", a-t-il annoncé. En conséquence, entre 20h et 7h du matin, toute personne sans abri, indépendamment de son consentement, doit être emmenée au chauffoir communal afin d'y être protégée.

Dans la nuit de dimanche à lundi, ce sont 10 personnes qui ont été emmenées au chauffoir. "Dans un premier temps elles ont été emmenées à l'hôpital pour passer un examen et le médecin a décrété qu'elles risquaient leur vie si elles retournaient dans la rue. Ces personnes ont donc été emmenées dans le chauffoir communal pour passer la nuit. Toutes les personnes ont accepté la démarche et ne se sont pas rebellées", indique la commune. 

Une fois 7h du matin, les personnes sont libres de choisir si elles veulent repartir dans la rue ou non. "Une permanence est assurée par le service de prévention et la Croix-Rouge, donc les personnes peuvent rester à l'intérieur si elles le souhaitent", précisent les services communaux. Ce lundi matin, c'est la Ville de Bruxelles qui annonce qu'elle envisage pareilles mesures.

Malgré les nombreux dispositifs mis en place, le collectif Morts de la Rue rappelle que depuis qu'il existe (en 2004), il n'a jamais eu connaissance de décès dus aux conditions météorologiques. "Il n'y a pas plus de décès en hiver. Je n'ai jamais vu qu'il y avait plus de personnes qui mourraient à cause d'une vague de froid. Ni même à cause d'une vague de chaud d'ailleurs", explique Florence Servais, du collectif. Celui-ci rappelle que la vie dans la rue est difficile tous les jours de l'année. Les statistiques ne montrent d'ailleurs pas de pic de mortalité en hiver.

En 2016, 72 sans-abri ou anciens sans-abri sont morts dont deux femmes. Mais le nombre de décès par mois a été plutôt stable tout au long de l'année même si un tiers des décès ont été comptabilisés lors des mois de janvier, mars et septembre avec chacun 8 personnes décédées. Mais il ressort que les causes principales de décès sont les causes violentes (accidents, incendies, agressions, chutes), les suicides, une surconsommation ou des problèmes de santé. Le nombre de décès recensés a presque triplé en une dizaine d'années. En effet, il n'y en avait "que" 23 personnes recensées en 2005.

Mais si l'hiver n'est pas particulièrement meurtrier pour les personnes qui vivent dans la rue, les nombreux dispositifs d'accueil mis en place aux niveaux fédéral, régional et communal à Bruxelles permettent certainement de ne pas empirer la situation.