La proposition de résolution sera prise en considération en plénière de la Cocof dans le courant du mois de décembre.

Déficits de la communication et du langage, déficits d’interactions sociales et schémas de comportements et d’intérêts restreints et répétitifs. Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) touchent environ 45 000 personnes en Fédération Wallonie-Bruxelles, dont 11 200 jeunes de 3 à 24 ans. A l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, Céline Frémault (CDH) a déposé une proposition de résolution visant le renforcement du dépistage précoce de l’autisme.

La députée régionale pointe notamment le manque de formation d’un grand nombre de pédiatres et médecins généralistes qui représentent pourtant le premier point de contact pour les parents. Or, si l’on ne guérit pas de l’autisme, une intervention précoce et adaptée permet d’améliorer la capacité des enfants à s’adapter au monde qui les entoure.

Dans cette optique, les gouvernements wallons et francophone bruxellois ont lancé en avril 2016 le Plan autisme pour un cadastre des besoins et une individualisation de l’aide tout au long de la vie des personnes autistes. "C’est une déclaration de bonnes intentions mais cela n’a permis aucune amélioration car les gouvernements n’ont pas prévu de budget adapté ni de calendrier", lance d’emblée Cinzia Agoni, présidente de l'ASBL Inforautisme, avant de nuancer son propos : "J’ai l’impression que sur Bruxelles, on a fait un peu plus qu’en Wallonie, il y avait une volonté plus importante de concrétiser le plan."

Il n’empêche, la situation est encore loin d’être optimale. "Quelques services spécialisés ont obtenu des budgets supplémentaires mais il faut commencer par le commencement, c’est-à-dire le dépistage et l’intervention précoce, dès 18 mois." Dans sa proposition de résolution, Céline Fremault demande ainsi au Collège de la Cocof de renforcer les mesures en vue de dépister de manière précoce les enfants suspects d’être atteints de troubles autistiques. Pour accompagner les familles et mettre sur pied un programme d’interventions précoce avant que l’enfant ne fréquente l’école maternelle, la proposition invite également la Cocof à dégager des moyens significatifs. "Au-delà de la prise en charge de la petite enfance, il faut aussi renforcer les moyens dédiés en général à l’autisme par exemple en favorisant toujours l’autonomie de la personne concernée", précise la députée.

Un engagement que Cinzia Agoni juge indispensable pour améliorer la prise en charge des patients à Bruxelles. Très concrètement, elle prône la création d’un service de stimulation précoce "avec de bonnes pratiques comportementales" pour une vingtaine d’enfants. L’objectif : un dépistage mais surtout une prise en charge adaptée avant l’entrée à l’école pour que ces enfants puissent débuter leur parcours scolaire plus facilement et de manière plus inclusive. "L’idée est de développer un service pilote et d’en évaluer rapidement les résultats."

Outre l’intérêt humain de la prise en charge précoce, elle souligne l’intérêt économique d’un tel service. Pour fonctionner, ce dernier nécessiterait selon elle un investissement de 500 000 € par an, soit 25 000 € par enfant. "Il faut accepter qu’il faut un investissement pour permettre aux enfants de devenir plus autonomes et donc de coûter moins à la société à l’âge adulte. 25 000, cela peut paraître beaucoup mais les adultes qui n’ont pas été correctement pris en charge et qui développent un sur-handicap peuvent coûter 90 000 €."

La proposition de résolution sera prise en considération en plénière de la Cocof dans le courant du mois de décembre.