La commune s'est constituée partie civile et a choisi maître Uyttendaele comme conseil.

La commune de Forest doit faire face à un nouveau scandale de faits de mœurs dans un de ses établissements scolaires communaux. Quelques semaines après le non-lieu rendu dans l’affaire de l’école des Sept Bonniers, la cité forestoise est à nouveau secouée par un dossier du type. Cette fois, des écoliers dénudés ont été filmés lors d’une classe verte.

Les faits ont eu lieu à Bredene entre le 29 janvier et le 1er février dernier. 72 enfants de l’école communale Arc-En-Ciel avaient pris part à ce voyage. Ce dernier concernait des élèves âgés de 5 à 8 ans, scolarisés en troisième maternelle, en première primaire et en deuxième primaire. Deux stagiaires en animation sont les auteurs de ces films. Ils les auraient notamment réalisés à la sortie des douches. “Une enquête est en cours pour déterminer si une infraction a été commise et le cas échéant, dans quelles circonstances”, raconte le parquet de Bruxelles.

La commune a appris les faits le 13 février dernier, soit une dizaine de jours après le voyage scolaire. Un procès-verbal a été dressé dans la foulée pour des faits de mœurs. Dès le lendemain, une réunion s’est tenue avec les parents du groupe d’élèves présents lors de la classe verte.

Une nouvelle réunion a eu lieu le 18 février pour faire état de l’avancée du dossier. Les parents des enfants concernés avaient été avertis ce jour-là avant le rendez-vous collectif.

“Une cellule pédagogique a immédiatement été mise en place. On pense en premier lieu au bien-être des enfants”, indique le bourgmestre de Forest, Stéphane Roberti (Ecolo).

L’avocat Marc Uyttendaele a été désigné par la commune pour représenter ses intérêts. Elle a décidé de se porter partie civile suite à sa plainte pénale. L’objectif de la commune est d’avoir accès au dossier et pouvoir demander d’éventuels devoirs d’instruction complémentaires. L’information ne pouvait pas être confirmée le parquet de Bruxelles au moment d’écrire ces lignes.

L’opposition libérale forestoise a décidé de réagir suite à la divulgation de l’affaire très tôt dans l’après-midi. Le chef de file, Cédric Pierre-De Permentier (MR) a demandé la tenue d’un conseil communal d’urgence. "Nous sommes choqués par ces révélations, ce sont des faits extrêmement graves. Nous n’avons pas été informés, qu’en est-il des parents ? Cette absence d’information et cette manie de tout passer sous silence par la majorité ECOLO-PS est inadmissible. Déjà dans l’affaire de l’école des sept bonniers, il y a eu des graves lacunes dans la gestion de crise. Je n’ose imaginer l’effroi des parents quand ils apprendront ces nouvelles. A priori, ce sont des stagiaires qui seraient concernés. En ce sens, je me demande comment la commune sélectionne les stagiaires, et si l’on procède à un réel contrôle avant de les mettre en contact avec nos enfants. Si ce n’est pas le cas, la responsabilité du Collège est engagée. Nous demandons la tenue d’un conseil communal en urgence pour faire la lumière sur les faits".

Le bourgmestre a confirmé qu’une information aura lieu : “C’est totalement prévu. On fera vraisemblablement une commission réunie instruction publique lundi”.

Du côté de Défi, on espère que toutes les mesures sont prises dans l’intérêt des enfants : "Lorsque l’affaire Sept Bonniers a éclaté l’an dernier, Ecolo faisait le donneur de leçon en dénonçant la communication des membres du collège responsables. A l’époque, notre discours était de ne pas mettre d’huile sur le feu, de tirer les leçons et veiller à ce que, si par malheur, une telle situation devait se reproduire, des procédures soient établies et bien respectées. Aujourd’hui, la gestion de la crise est entre leurs mains et, s’il est bien sur normal que, en tant que pouvoir organisateur, le conseil communal soit informé de ces faits inacceptables, je pense d’abord aux intérêts des enfants impliqués et des parents. C’est cela le plus important. Est-ce que toutes les mesures ont été prises pour préserver leurs intérêts ? J’espère que oui, que cette crise est gérée avec professionnalisme et empathie" indique le chef de file Marc Loewenstein.