Bruxelles

Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d'Etat en charge de la Transition numérique et conseillère communale à la Ville, s'offusque des révélations qui font penser à celles du Samusocial.

"Il est révoltant de constater que l'administration de la Ville de Bruxelles a conclu des contrats hors de prix, à la tête du client, et ce sans respecter la loi relative aux marchés publics, et qu'elle a ainsi largement gaspillé l'argent du contribuable", a réagi samedi la secrétaire d'État bruxelloise à la Transition numérique, Bianca Debaets (CD&V), à la suite de la révélation d'un audit pointant des problèmes de légalité dans un contrat conclu par l'ASBL Gial, laquelle gère le département informatique de la ville de Bruxelles, avec une société de consultance gérée par un directeur de Gial. La société de consultance SPRL Altera Via, gérée par le directeur, Michel Leroy, percevait 875 euros hors TVA par jour, portés à 1.000 euros par jour ces dernières années après indexation, pour des prestations durant 175 jours par année civile. Selon Le Vif, qui a révélé l'existence de l'audit, les compétences de Michel Leroy ne sont pas remises en cause mais vu la valeur du marché, un appel d'offres public s'imposait. Or, il n'a pas eu lieu. En outre, le contrat a été reconduit pour une durée indéterminée alors que ce type de marché est censé être révisé régulièrement.

Les résultats de l'audit ont conduit la direction de Gial à mettre fin, en décembre, à ce contrat conclu une première fois il y a 18 ans.

Pour Bianca Debaets (CD&V), qui est également conseillère communale à la Ville de Bruxelles, cette dernière est "la championne des ASBL dirigées par le monde politique et dans lesquelles le contrôle démocratique du conseil communal est très difficile ou pratiquement inexistant". "Il est grand temps que cela change", insiste Bianca Debaets.

"Au lieu de payer des sommes exorbitantes à des consultants et d'à tout prix vouloir mettre en place son propre réseau, la Ville de Bruxelles aurait déjà pu, depuis longtemps, rejoindre la stratégie digitale de la Région et également faire appel au Centre Informatique de la Région bruxelloise", estime encore la secrétaire d'État.

Le député bruxellois Alain Maron (Ecolo), qui avait notamment révélé le scandale du Samusocial en juin 2017, a également tenu à réagir. "La Ville de Bruxelles, une ASBL en partie hors de contrôle tout en exerçant des missions de service public, des mandataires essentiellement PS et Maître Uyttendaele. Un cocktail toujours détonnant... Qui résonne fort, dans la foulée du scandale autour du Samusocial. Il est plus que temps de passer à autre chose. Ecolo interpellera rapidement sur la responsabilité de la Région dans cette affaire, qui a 20% des sièges dans les organes de gestion de GIAL, et puis le rapport de la commission d'enquête sur la Samusocial, avec des recommandations en gouvernance, sera présenté dans les prochains jour", a-t-il expliqué sur les réseaux sociaux.