"Vous avez démantelé une partie de ces équipes (...) Les personnes qui prennent soin de nous nous sont chères et méritent tout notre respect et notre soutien." C'est avec ces mots qu'une résidente de la maison de repos schaerbeekoise La Cerisaie a annoncé débuter une grève de la faim vendredi dernier. Elle proteste ainsi contre la mutation de l'infirmière-cheffe vers l'autre home du CPAS.

"Depuis le début de l'année, plus de dix travailleuses ont été licenciées ou déplacées vers une autre institution, souvent pour des motifs futiles et alors qu'il s'agit d'infirmières et d'aides-soignantes avec plus de dix ans d'expérience. L'annonce de la mutation de Madame Dumont, l'infirmière-cheffe a été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase, d'autant qu'elle est très appréciée et a tissé une relation de confiance avec les résidents", explique Axel Bernard, chef de groupe PTB à Schaerbeek.

Jeudi, l'ensemble des résidents a signé une lettre demandant à la direction de reconsidérer sa décision : "Cette éventuelle mutation ne nous convient pas du tout. (...) Nous trouvons qu'elle nous soigne bien, qu'elle est impliquée dans son travail et a de grandes qualités humaines envers nous. On ne comprend pas pourquoi à deux ans de sa pension, elle devrait nous quitter et prendre ses marques dans une autre résidence."

Vendredi, une résidente particulièrement affectée a décidé d'entamer une grève de la faim. Apprenant la nouvelle, la présidente du CPAS Sophie Querton s'est rendue sur place dimanche. "Je n'attends pas que des résidents entament des grèves de la faim pour visiter les maisons de repos, assure-t-elle d'emblée. J'y étais déjà allée mercredi dernier pour discuter avec les résidents. J'y suis retournée dès que j'ai appris la nouvelle pour leur annoncer qu'une solution avait été trouvée."

L'annonce a grandement réjoui personnel et résidents de La Cerisaie. "Les gens ont fait la fête, certains criaient "On a gagné", d'autres dansaient. Tout le monde était très heureux", précise Axel Bernard.

De son côté, Sophie Querton admet que le home fait face à plusieurs dysfonctionnements. "Il y a une pénurie de personnel et des problèmes d'organisation. Ca ne roule pas encore au niveau des horaires mais on essaie de remettre tout ça à niveau. Au vu de la situation actuelle, qui ne permet pas aux résidents de voir autant leur famille qu'ils le souhaiteraient, le lien créé avec les infirmières et les aides-soignantes est très important. Dorénavant, je mettrai personnellement toute mon attention sur cette maison de repos pour éviter que de telles propositions n'arrivent à nouveau sur la table."