Trois des cinq élus du groupe CDH de la Cité des Ânes refusent de signer l'accord. Elle et ils dénoncent un coup de force mené par Marie Nyssens et Cédric Mahieu. Une réunion de crise est prévue ce soir au siège du parti.

Le CDH schaerbeekois est convoqué, ce soir au siège du parti, pour dénouer la crise interne qu’il est en train de vivre. Le conflit est né de l’annonce, faite cet après-midi par Marie Nyssens à BX1, du ralliement de sa formation à la majorité communale (Liste du bourgmestre-Ecolo-Groen). Ce renfort de cinq sièges offrirait un peu de confort à la très légère majorité (25 sur 47) pilotée par Cécile Jodogne. Nous apprenons néanmoins à bonne source que trois des cinq élus CDH n’acceptent pas la décision prise par Marie Nyssens - pressentie pour obtenir un poste d’échevine - et Cédric Mahieu. Sans leur accord, pas de majorité au sein de la section, pas d'accord avec la majorité, donc.

Ces élus contestataires (Hamza Boukhari , Yussuf Ildiz, Emel Köse – ces deux dernier.e.s ayant quitté Défi pour rejoindre le CDH juste avant les élections) dénoncent le coup de force de leur cheffe de file dans un courrier adressé aux instances du parti. "En tant que membres du CDH, nous regrettons profondément la suite malencontreuse de dysfonctionnements qui amené cette regrettable situation de crise au sein de notre section", écrivent-ils.

Des exigences plutôt... salées

Parmi leurs griefs, les trois élus déplorent "le non-respect des formes de mandatement pour initier les négociations avec la majorité ; la non-information des autres élus communaux de la volonté de la majorité de négocier alors même que cette information avait été rapportée par des personnalités extérieures ; le manque de transparence sur l’objet réel de la réunion du comité de section du lundi 13 janvier 2020, qui s’est faite sur un ordre du jour fallacieux ; le manque de transparence et de confiance interne (…) ; la mise devant le fait accompli (…) ; etc."

Les trois élus posent dès lors certaines exigences à leur signature de l’accord avec la majorité, dont certaines s’avèrent plus que cocasses. En vrac et dans le désordre, ils exigent "le partage du mandat d’échevin entre Marie Nyssens et Hamza Boukhari, le recrutement en CDI d’Emel Köse dans le domaine du handicap, la révision des horaires libres de stationnement sur certains quartiers, la fixation définitive des positions nominatives pour les six premières places sur la liste des prochaines élections de façon suivante : 1. Marie, 2. Hamza, 3. Emel, 4. Cédric, 5. Violette, 6. Yussuf. Ou, encore, une redistribution des mandats locaux en fonction de la visibilité offerte, de l’engagement local et de la compétence, etc."

Nul doute que la négociation s’annonce ardue, ce soir rue des Deux-Eglises…