Bruxelles Les habitants n’en peuvent plus des trafics de drogue de certains jeunes.

Le parc Gaucheret était animé ce jeudi après-midi avec les cris des enfants pratiquant le sport avec leur école juste à côté de la tour qui abrite le cabinet du ministre de la Mobilité, Pascal Smet. Un endroit paisible en journée avec le soleil et les quelques parents venus avec leurs enfants à la plaine de jeu. La zone tranche avec l’ambiance particulière de la place Gaucheret située juste derrière le bâtiment Soleil du Nord, un outil du service du programme de prévention urbaine de Schaerbeek. Ce dernier divise le secteur en deux.

Sur la place, peu de monde visible hormis quelques personnes attablées à la terrasse d’un snack situé au coin avec la rue Gaucheret. De l’autre côté, un groupe de jeunes squattent l’espace public au coin avec la rue Jolly. Un secteur où l’odeur de stupéfiants régnait à notre arrivée. "C’est là qu’ils se regroupent en général. Ils sont là toute la journée. Au plus les heures avancent, au plus ils sont nombreux à venir ici. Ils squattent. Ils sont calmes pour le moment", explique un riverain qui préfère rester anonyme. Ce dernier précisera avec raison qu’aucun autre habitant ne parlera à visage découvert. La peur en est la raison.

À plusieurs reprises, des habitants vérifieront que les jeunes ne soient pas à proximité pour nous expliquer la situation difficile, surtout la nuit. "C’est trèsdur pour les habitants ici. Il y a de la résignation. Beaucoup de ventes de stupéfiants ont lieu ici. Ils viennent aussi avec des voitures. On assiste à des rodéos la nuit. Ils mettent leur musique à fond. On ne peut rien faire. Les jeunes ne nous font rien directement cet après-midi par exemple, mais le sentiment est là. Ils s’en sont déjà pris au matériel notamment. Un habitant a eu sa voiture incendiée huit fois. Les gens n’osent plus bouger. Il y a une pression qui existe. Le problème se situe principalement sur le coin de la place avec la rue Jolly. Il y a même des agressions", racontent en chœur et discrètement deux dames avant de rentrer rapidement à leur domicile.

Les habitants expliquent aussi se sentir abandonnés par la commune, mais surtout par la police. Ils racontent que les passages des forces de l’ordre ne servent à rien, notamment concernant la drogue. "Quand ils viennent, les jeunes s’enfuient dans tous les sens. La police n’est pas là tout le temps. On a l’impression qu’on doit se débrouiller. On n’aurait jamais dû laisser cette situation s’installer. Les habitants ne savent rien faire et on ne nous aide pas", rapporte un habitant de la place.

Du côté de la commune de Schaerbeek, on confirme être au courant de la situation. "Un mail nous est envoyé de façon régulière concernant les problèmes du quartier. Il est chaque fois plus long. On prend les choses au sérieux. On a mis une dizaine de services autour de la table. On a mis une série de mesures en place pour enrailler la situation. D’après ce que l’on sait, les jeunes ne sont pas tous de Schaerbeek. La police est déjà intervenue un grand nombre de fois. Cela prend du temps à solutionner et on comprend les habitants", explique Marc Weber.

La zone de police explique que le quartier Gaucheret n’est pas laissé à l’abandon. Il fait partie du plan d’action Nord. "Nos forces de police y étaient encore hier", explique le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Nord (Evere, Saint-Josse et Schaerbeek).