Le dernier conseil communal de Schaerbeek, mercredi dernier, a été pour le moins agité. Parmi les points à l'ordre du jour, la situation du CPAS de la commune, dont les travailleurs se sont mis en grève mardi pour la première fois depuis 30 ans. Les conseillers communaux de l'opposition ont rappelé les dysfonctionnements survenus en 2020 et notamment l'important retard dans le payement des aides aux bénéficiaires.

Dans sa réponse, évasive, l'échevin de tutelle Thomas Eraly (Ecolo) a invité les conseillers communaux à une réunion à huis-clos ce vendredi 2 avril, en présence du comité de l'action sociale, leur promettant plus d'informations. Cette proposition n'a cependant pas plu aux partis de l'opposition, PS, CDH, PTB et libéral. "C'est presqu'une injure faite aux conseillers et aux Schaerbeekois(es), d'autant que la présidente du CPAS ne daigne même pas nous rejoindre ce soir. On ne veut pas de réunion à huis clos, mais des explications publiques. Et le minimum est de tenir compte des agendas de tout le monde", a par exemple réagi Cédric Mahieu (CDH).

Tous les conseillers n'ont cependant pas eu leur droit de réplique, la majorité souhaitant voter pour l'interruption de la discussion, "vu qu'il a été annoncé une réunion pour discuter de ce sujet prochainement". Matthieu Degrez (PS), Laila Lahssaini (PTB) et Georges Verzin (Libéral indépendant) n'ont pas apprécié la démarche, et le ton est monté. La bourgmestre Cécile Jodogne (Défi) a demandé à interrompre les micros des conseillers, ce qui n'a pas apaisé les choses. 

La séance a alors été suspendue quelques minutes. La bourgmestre a indiqué regretter et déplorer la manière dont les choses se sont passées. "On a donné un spectacle peu glorieux à ceux qui nous écoutent. Sur le fond, je pense que votre proposition de réunion est intéressante mais je déplore le fait qu'elle ne soit pas publique. Les dysfonctionnements sociaux et financiers au sein du CPAS sont suffisamment graves pour mériter une séance publique", a réagi Matthieu Degrez. 

Ce vendredi matin, les quatre conseillers ont exigé que la présidence du conseil communal, prise en charge par la bourgmestre, soit attribuée à un conseiller communal et que la majorité retire sa confiance à la présidente actuelle du CPAS Sophie Querton (Liste du bourgmestre).

Le collège communal s'est par ailleurs réuni, décidant finalement de convoquer un conseil communal extraordinaire mercredi prochain. Il portera exclusivement sur la situation du CPAS, en présence cette fois de la présidente et de la direction du CPAS.