"Une élève de 1re primaire inscrite dans mon établissement se retrouve aujourd'hui sans domicile avec ses parents et ses deux frères. Cette famille d'origine roumaine est arrivée sur le territoire belge fin mars. Le centre d'accueil dans lequel la famille était logée a dû fermer ses portes récemment." Publié en fin de semaine dernière par le directeur de l'Ecole 3 à Schaerbeek, ce message ressemble à une bouteille à la mer : "Cette petite fille dort actuellement avec sa famille dans une station de métro. Après avoir contacté de nombreux organismes, aucune solution n'a pu être trouvée à l'heure actuelle", explique Eduardo Cachapa.

Elève en première primaire, la jeune fille concernée est arrivée de Roumanie en cours d'année. Elle ne maîtrise pas encore le français mais est contente de venir à l'école. "Elle fait pas mal d'efforts et se sent bien à l'école. Pour nous, c'est le principal." Ses absences soudaines, plusieurs jours durant, alertent son institutrice. Inquiète, la direction contacte la mère de l'enfant pour savoir ce qu'il en est. "Elle se débrouille en français mais a du mal à s'exprimer. Elle est donc venue sur place pour nous expliquer la situation."

La famille était hébergée par un centre d'accueil pour famille du Samusocial. Situé dans le quartier Nord, celui-ci a du fermer ses portes, faute de subsides. Plusieurs familles, dont celle de l'élève schaerbeekoise, se sont ainsi retrouvées à la rue. "Sans alternative, ils se sont installés dans la station de métro Trône. Comme la famille n'avait plus accès à l'eau, la mère était gênée de mettre sa fille, pas lavée, à l'école mais on lui a tout de suite dit qu'on pouvait la débarbouiller et qu'elle serait mieux dans une structure accueillante, avec repas chaud, que dans la rue toute la journée. Depuis, elle est à nouveau présente tous les jours."

Interpellé par la situation précaire dans laquelle se retrouve cette famille, l'établissement scolaire contacte le centre PMS et les autorités locales pour essayer de trouver des solutions. Le champ d'action de l'échevin de l'Enseignement Michel De Herde (Défi) est cependant limité : "Je dois veiller au bien-être de l'enfant à l'école. Ici, le problème se produit en dehors de l'établissement", rappelle-t-il à La Capitale. De son côté, le CPAS ne peut venir en aide à la famille que si elle est domiciliée à Schaerbeek. "Des démarches sont en cours pour clarifier sa situation administrative afin qu'elles remplisse les conditions nécessaires pour être relogée plus durablement", précise Eduardo Cachapa.

Outre les autorités, les parents d'élèves et citoyens se sont également mobilisés. A travers la publication Facebook du directeur de l'école, de nombreux dons ont été récoltés. "A l'heure actuelle, on a près de 1 200 euros qui seront reversés à la famille. On essaie aussi de récupérer des couvertures et le nécessaire pour la toilette afin qu'ils soient un peu tirés d'affaire pour les semaines à venir." Une famille héberge par ailleurs la famille depuis samedi, jusqu'à demain. "Une autre maman de l'école a fait appel à un contact travaillant dans le secteur du sans-abrisme et qui a trouvé un logement temporaire où la famille pourra s'installer en toute sécurité pour une durée indéterminée."

Pour l'heure, tout est donc bien qui finit bien. "La maman était vraiment désemparée. Elle est soulagée et très heureuse de voir qu'autant de personnes se sont mobilisées pour trouver des solutions."