Une marche des hommes pour lutter contre les violences faites aux femmes s’est tenue ce vendredi à Schaerbeek.

Ils étaient une bonne centaine à s’être rassemblés sur la place Colignon à Schaerbeek, ce vendredi, à l’occasion de la Journée internationale de l’élimination des violences faites aux femmes. Les participants ont symboliquement rallié la Maison des Femmes où une bonne soupe attendait les marcheurs.

"Je tenais à être présent car il est primordial de changer les mentalités, ainsi que le regard que l’homme peut avoir sur la femme. Il y a une culture ancestrale qui est irrespectueuse et plus d’actualité", commente Pascal, un des participants à la marche.

De son côté, Michèle (nom d’emprunt) tenait à être présente pour des raisons plus personnelles. "J’ai une amie qui a été victime de violence conjugale, mais qui n’a jamais osé porter plainte. Chaque année je viens ici pour porter mon soutien aux personnes dans son cas qui n’osent pas toujours se plaindre de peur de représailles", explique la quinquagénaire.

"Cet événement est un succès, commente l’échevine de l’Égalité des Chances Adelheid Byttebier (Groen). Chaque année, la commune de Schaerbeek organise diverses actions dans le cadre de la campagne contre le sexisme. Une formation a été donnée à des agents de police pour les former à accueillir une victime de violences, les citoyens, directeurs d’écoles et employés communaux ont également suivi des cours d’autodéfense et des ateliers sur les stéréotypes et le harcèlement pour les jeunes."

En 2015, 2.401 plaintes pour violences conjugales ont été enregistrées. Un nombre en sensible augmentation si on compare à l’année 2007 où 2.181 plaintes étaient enregistrées, selon des chiffres communiqués par le cabinet de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État en charge de l’Égalité des chances.

Une action nommée Rubans blancs et initiée par Bianca Debaets, a également eu lieu devant la gare centrale ce vendredi. Durant cette action, des comédiens ont joué des scènes de violence envers les femmes devant les passants, tandis que des représentants d’associations féminines ont distribué des flyers et des pins en forme de ruban blanc.

Une nouvelle maison d’accueil pour les femmes victimes de violences

La ministre bruxelloise Céline Fremault (CDH), en charge de l’Action sociale au sein de la Cocof, a annoncé, fin de semaine, qu’une seconde maison d’accueil pour 27 femmes et enfants ouvrira ses portes fin décembre à Bruxelles afin de fournir un accueil d’urgence pour venir en aide aux femmes victimes d’un conjoint violent. L’adresse restera bien évidemment secrète. C’est la seconde maison d’accueil de ce type en Région bruxelloise, "alors que la demande est très forte", commente le cabinet de Céline Fremault. Enfin, les moyens alloués aux cours d’éducation relative à la vie sexuelle et affective ont quasi doublé, passant de 3.000.000 € en 2015 à 5.000.000 € pour l’année 2017.