Le 14 janvier 2020, vers 04h30 du matin, des malfrats ont fait exploser avec du gaz un distributeur de billets bpost, situé sur la chaussée de Louvain à Zaventem, dans le Brabant flamand. L'explosion a causé un incendie et provoqué des dégâts matériels considérables. Un pan du mur latéral du bâtiment a même été soufflé et le plafond s'est effondré.

Les assaillants se sont emparés de plusieurs coffres, qui contenaient environ 363.000 euros. Cependant, selon bpost, toutes les cassettes d'encre ont été activées lorsque les coffres ont été retirés, ce qui aurait rendu l'argent inutilisable.
Un pied de biche et des lunettes de protection ont été découverts dans le bureau de banque après l'attaque. "Les caméras de surveillance des environs ont aussi montré que les malfaiteurs ont forcé l'ouverture d'une barrière d'un parc d'activités proche", a expliqué le magistrat de parquet Gilles Blondeau mercredi au tribunal.

Tant sur le pied de biche que sur la barrière, un profil ADN mixte a été découvert, avec à chaque fois un profil dominant, a-t-il poursuivi. Il s'agissait de l'ADN de deux Néerlandais, O.C. et C.K., interpellés à l'automne 2020.

Une perquisition au domicile d'O.C. a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un ordinateur, qui avait été utilisé pour effectuer des recherches sur les attaques à l'explosif et les bouteilles de gaz. Plusieurs GSM ont aussi été découverts, dont l'un contenait une liste avec les adresses de bureaux de bpost en Wallonie. O.C. est également soupçonné en Allemagne d'être impliqué dans une autre attaque à l'explosif.

Le parquet a requis six ans de prison à l'encontre des deux prévenus. La défense a plaidé l'acquittement. Les avocats des deux prévenus ont mis en doute les preuves ADN, mettant en évidence l'absence de contre-expertise et estimant que ces traces ne suffisaient pas à prouver que leurs clients avaient bien commis le braquage.

"Mon client admet qu'aux Pays-Bas, il a fait partie d'une bande de cambrioleurs, qui stockait son matériel dans un endroit partagé. Il a probablement eu le pied de biche entre les mains à ce moment-là", a plaidé Me Vanreusel, qui défend O.C.
Le jugement sera prononcé le 15 février.