Le commissaire Benoît Blanpain est soupçonné de détournement d'argent public, annonce la RTBF. En tant que président de l'association Réseau Intersection Belgique, l'homme voyage beaucoup pour la police de la zone Nord. Il a ainsi été choisi pour mener une mission exploratoire au Sénégal, du 9 au 16 mars derniers. Un voyage subsidié par la commune d'Evere à hauteur de 90 000 euros.

Selon nos confrères, le commissaire a opté pour un billet aller-retour à 2 478 euros et s'est fait servir un repas par un chef étoilé. Il se serait également fait rembourser 1 006 euros pour son séjour sur place, sans préciser à quoi correspondaient ces dépenses. Il s'est ensuite avéré que Blanpain a réservé une auberge à Dakar alors que le projet humanitaire se déroulait à Saint-Louis, à 250 km de la capitale sénégalaise.

Outre ces dépenses, c'est le nombre d'heures supplémentaires enregistrées par le commissaire qui pose question au sein des policiers de la zone. "C’est tout simplement hallucinant. On se demande quand il dort. C’est un androïde et notre champion local des heures supplémentaires." Blanpain aurait ainsi presté plus de 6 000 heures supplémentaires, de week-end et de garde en 2018, pour un montant de 45 000 euros. "Nous encodons nos heures dans un système électronique et c'est le supérieur hiérarchique qui valide. Ici, il s'agit du chef de zone", précise Audrey Dereymaeker, porte-parole de la zone.

Harcèlement moral

Les agents de police de la zone Bruxelles Nord dénoncent par ailleurs le harcèlement moral dont ils font l'objet. L'article 44, grâce auquel la zone peut muter des travailleurs dans un autre service, serait notamment utilisé pour punir les policiers qui n'iraient pas dans le sens de la hiérarchie. Les agents de plus de 50 ans et ceux revenant d'un congé maladie seraient particulièrement ciblés.

De son côté, la zone assure que "tout se fait dans les règles, en accord avec les membres du personnel et en concertation avec les syndicats. Il n'y a eu que 35 usages de l'article 44 en cinq ans. Dans deux cas sur trois, la mutation s'effectue avec l'accord de l'agent. Donc, en effet, dans un tiers des cas, le policier est déplacé dans l'intérêt du service sans avoir marqué son accord. Mais il a le loisir d'introduire un recours au Conseil d'Etat".

Selon Audrey Dereymaeker, certains agents auraient du mal à accepter les changements implémentés par Frédéric Dauphin, à la tête de la zone depuis cinq ans.

Une enquête du comité P

Le Comité P a ouvert une enquête administrative. L'objectif : faire la lumière sur plusieurs problèmes de fonctionnement présumés au sein de la zone. La bourgmestre de Schaerbeek et présidente du collège de police Cécile Jodogne (Défi) se dit quant à elle sereine, affirmant avoir confiance en son chef de zone et son état-major.