La Mission locale d’Etterbeek et une partie de sa direction ont été inculpées au pénal, annonce la CNE dans un communiqué ce matin. "L’Etat a décidé de poursuivre la Mission locale d’Etterbeek ainsi que deux membres du personnel hiérarchique pour absence de mesures de prévention relatives à la prévention des risques psycho-sociaux, notamment une surcharge de travail trop importante."

Il y a deux ans, une déléguée de la CNE travaillant au sein de la Mission locale d'Etterbeek s'était suicidée, "notamment à cause des pressions qu’elle subissait au travail depuis un certain temps. Depuis des années, les conditions de travail à la MLE étaient extrêmement dures, dégradées, particulièrement violentes pour les représentants des travailleurs", rappelle la CNE qui s'étonne par ailleurs "de ne trouver dans l’inculpation aucune trace de l’ancien directeur ni de poursuites pour des faits de harcèlement, discrimination et faits de racisme. Ceci pose clairement question sur la façon dont on poursuit et condamne aujourd’hui ces infractions dans notre pays."

De propos rudes justifiés, selon la CNE, par "l'extrême gravité des faits survenus dans cette Mission locale" : "une déléguée CNE a fait une tentative de suicide il y a 3 ans et demi. Une autre déléguée, après des mois de maladie pour burn-out a mis fin à ses jours il y a 2 ans. Après un appel, quelques jours plus tôt de la direction pour lui mettre la pression sur son retour au travail, disant que la Mission locale allait perdre les subsides pour son poste et allait probablement la licencier. Pendant des années, la direction a refusé de reconnaître les représentants des travailleurs. Plusieurs réunions de conciliation ont eu lieu au SPF Emploi afin de tenter d’améliorer la situation."

Mais encore, selon la CNE. "En 2016 déjà, les organisations syndicales avaient interpellé le conseil d’administration et la direction à propos des agissements de son directeur. Celui-ci, qui tenait des propos racistes, dénigrants et violents contre certains travailleurs, harcelait les représentants des travailleurs.

La CNE évaluera prochainement avec Unia si elle intente des poursuites au volet civil.