Alors que la procédure en conflit d’intérêt lancée par la Flandre expire le 22 février, les deux Régions ne trouvent pas de consensus.

"On a le Conseil d’État avec nous et on compte appliquer la tolérance zéro. Ils voulaient tout simplement gagner du temps ! La ministre leur a dit qu’une prolongation de la période de tolérance n’était pas possible. Cela fait deux ans qu’on est prêt à discuter ! Si la Flandre le désire, on est disponible dès ce soir !", a insisté mercredi le cabinet de la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH), juste après la réunion du comité de concertation, durant laquelle les représentants des Régions bruxelloise et flamande et le fédéral ont tenté de trouver un compromis sur le dossier du survol.

Lassée de mener des négociations avec la Flandre ne débouchant sur aucun résultat, Céline Fremault avait décrété, en février 2016, la tolérance zéro pour le bruit excessif des avions à partir de ce 1er janvier 2017. Une décision renforcée en octobre dernier par le Conseil d’État, celui-ci rejetant un recours introduit par plusieurs compagnies aériennes. Estimant ses intérêts menacés, la Flandre avait alors fait reporter au 22 février 2017 l’entrée en vigueur de cette tolérance zéro en lançant une procédure en conflit d’intérêt. À un mois de la fin de la période de tolérance, un compromis entre les deux Régions semble impossible.

La réunion, à laquelle participaient notamment la ministre bruxelloise Céline Fremault et le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (NVA), n’a en effet débouché sur aucune solution. Au contraire, l’impasse semble encore plus importante qu’avant. Le ministre flamand accuse ainsi le gouvernement bruxellois de refuser la concertation. "On n’est même pas prêt à s’asseoir à table pour chercher un consensus", a-t-il commenté, précisant vouloir "épuiser tous les moyens juridiques" pour contrer la décision bruxelloise.

De leur côté , le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) et sa ministre de l’Environnement démentent formellement que la Région bruxelloise refuse la concertation. Le premier ministre Charles Michel (MR) a indiqué, pour sa part, vouloir réunir les différents gouvernements rapidement pour parler du dossier.