Huit pharmacies bruxelloises sont désormais équipées pour tester des personnes présentant des symptômes du Covid-19. L’objectif de la Cocom : atteindre les citoyens qui n’ont pas accès aux tests rapides antigéniques via les canaux réguliers (groupes de population vulnérables, citoyens sans médecin généraliste, etc.). Les citoyens symptomatiques dont le test s'avère positif seront mis en contact avec un médecin généraliste et un agent responsable du tracing.

Dans l’une des deux pharmacies anderlechtoises qui participent au projet, les premiers jours sont restés calmes. "On démarre seulement. Ce week-end, j’appréhendais un peu. J’avais peur que le flux ne soit pas gérable et au final, on était un peu déçu parce qu’on n’a eu personne", confie Pascale Hardy. Selon elle, le projet est encore très flou pour un grand nombre de Bruxellois(es). "Certains confondent ce projet pilote, grâce auquel des pharmaciens peuvent tester des personnes symptomatiques, et les autotests qui seront en vente en pharmacie à partir du 6 avril."

Les conditions d’accès au test ne semblent pas claires non plus. "Une personne aurait pu en bénéficier mais elle était malade depuis déjà une semaine donc je ne pouvais pas la tester. On a aussi eu des demandes pour des gens qui doivent partir à l’étranger, ça ne rentre pas non plus dans le cadre du projet, explique la pharmacienne. Les gens sont déçus mais quand on leur explique pourquoi on ne peut pas, ils comprennent. A mon avis, le protocole mis en place sera encore un peu affiné, par exemple au niveau du public-cible. Peut-être qu’à un moment donné, on pourra tester des gens qui partent à l’étranger, des familles, des asymptomatiques."

© BAUWERAERTS DIDIER

Les huit pharmacies volontaires, situées à Anderlecht, Schaerbeek et Molenbeek, ont reçu une formation au centre Pachéco. "C’était nickel. Maintenant, on va voir comment on va s’organiser. On pourrait faire ça l’après-midi parce qu’à ce moment-là, on est deux. Le matin, on s’était dit qu’on pourrait ouvrir un peu plus tôt si besoin. Pour faire le test, on doit mettre des gants et une surblouse donc le plus pratique est de regrouper les personnes à tester en début d’après-midi pour éviter d’avoir à se changer systématiquement entre deux patients."

Les tests se feront dans l’arrière boutique, voire dans le cour si la météo le permet. "On fait le test dans le nez et puis c’est un peu comme un test de grossesse, on attend de voir s’il y a une ou deux barres. J’espère que ça va démarrer parce qu’il y a un vrai potentiel. A mon avis, on doit pouvoir faire au moins dix à vingt personnes par jour." Le but n’est toutefois pas de tester massivement : "On doit pouvoir travailler avec notre patientèle habituelle et détecter les éventuels porteurs du virus en fonction des symptômes."

Le projet pilote fera l’objet d’une évaluation après quatre semaines, précise la Région. Pour Pascale Hardy, il gagnerait à être étendu à toutes les pharmacies bruxelloises. "Dès qu’une personne se présente avec des symptômes aussi anodins qu’une toux, un nez qui coule ou de la température sans penser au Covid, nous pourrions le détecter rapidement et faire un test. On a cet avantage d’avoir plusieurs pharmacies dans chaque quartier, je pense qu’on a un vrai rôle à jouer."