"Ici, on peut imaginer un shop, un endroit select où les stars pourront vendre leur merchandising.Rihanna un week-end, Justin Bieber le suivant…"

Il voit grand, Olivier Da Silva.Il faut dire que son histoire est belle. En 2003, installe une buvette dans un absolu no man’s land bruxellois, sur une friche du bien nommé quai des Usines.Le canal, une deux-bandes qui draine les camions de livraison du Marché Matinal voisin, quelques bureaux: moins sexy, c’est difficile à Bruxelles.Mais l’homme de 23 ans s’accroche et son Fiesta Bar, devenu Fiesta Club, emploiera jusqu’à 400 personnes, se déclinera à Louise, au K-Nal ou à Liège. Et séduira finalement people et stars de la pop du monde entier.

© Luc Viatour / The Lift

Miami, Ibiza, Saint-Tropez

20 ans plus tard, le chapiteau de 100m2 s’est mué en un espace select de 1350m2.Après une pause pour monter un projet hôtelier de luxe à Marrakech, Olivia Da Silva est de retour sur l’ancienne friche. Exit Fiesta Club, welcome The Lift. Objectif: 2.000 clubbers chaque soir du week-end. Olivier Da Silva ambitionne de faire entrer son nouveau club "dans le top 5 européen".Cette cocarde dans les classements officieux établis par les magazines spécialisés établirait la renommée du lieu. Pour ce faire, il a transformé la discothèque du quai des Usines pour "atteindre et dépasser les standards d’Ibiza, Miami ou Saint-Tropez".L’idée n’est pas neuve: "j’ai dessiné ce club en 2006 ou 2007 déjà". Le rêve d’une vie.

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Après un tunnel de lumière rose et bleu, on débouche dans l’entrée qui donne sur un salon cosy décoré de papier peint floral.Dorures, néons, miroirs, canapés moelleux. C’est chic, tendance "cocktail bar".Voisin, le resto servira des burgers.Aux murs naviguent des méduses. On pose ensuite le pied sur le dancefloor, immense. "On a installé 15 à 20 fois plus de lasers, de jeux de lumière et de technologie dans le plafond que dans les clubs classiques". Ce grill aveuglant, tendance Tomorrowland miniature, pourra monter et descendre: d’où le nom du club. Le son, surpuissant, est parfaitement optimisé et s’assortit d’un show vidéo sur l’écran derrière le DJ, qui s’imprime aussi au plafond. "Le son est partout, mais chaque table a son baffle modulable".De quoi tenir une discussion sans se casser la voix. The Lift abreuvera ses 30 "salons" depuis ses 9 bars.

Une loge VIP

Mais la fierté du boss, c’est sans doute cette loge VIP accessible par un ascenseur exclusif. Vous n’en verrez rien: la déco doit être peaufinée et le patron ménage l’effet de surprise. Mais sachez que c’est cossu et bling-bling. Et que les canapés sont trop profonds que pour s’y adosser en posant les baskets au sol. Cet immense loft "parfaitement insonorisé" propose table de billard, bar privé, salon, salle à manger, jeux vidéo, salle de bains et même chambre à coucher. "Les artistes viennent de loin.On les emmènera directement depuis l’aéroport", assure Da Silva. "Généralement, ils n’aiment pas trop bouger.Et comme ils ne sont jamais seuls, on pourra les accueillir avec leur entourage". Nouvelle référence à The Lift: un ascenseur descendra les stars directement sur scène, "comme dans les concerts à l’américaine".

Olivia Da Silva l’assure: il sait ce qu’attendent les people. Dès 2004, son amitié avec le chanteur K-Maro lui fait parcourir le monde. C’est ainsi qu’Alicia Keys, 50 Cents, Wiz Khalifa ou Stromae débarquent au Fiesta Club. "Je fréquente plein de clubs.Je sais que les stars sont méticuleuses. Mon envie, c’est d’offrir le même service au client. Qu’il vienne dépenser 30 euros ou 30.000€". Quand il ouvrira en septembre, The Lift se positionnera donc "chic et populaire"."J’ai vu des gens gaspiller 1 million d’euros sur une soirée.On n’a pas ça en Belgique.De toute façon, nous, on a besoin de nos 2.000 clubbers".

© Luc Viatour / The Lift

Sécurité: "Je gère comme un papa"

Rayon sécurité, l’endroit promet "une tolérance zéro" envers les harceleurs et autres fâcheux.La précision est d’autant plus capitale depuis le scandale #Balancetonbar. "J’ai une fille de 16 ans. Je veux qu’elle puisse aller boire un verre tranquillement, sans risque. Alors vu ce qui s’est passé à Bruxelles, je gère cette entreprise comme un papa". Et Da Silva de prendre Dubaï en exemple. "Là-bas, on vient en soirée, on fait ce qu’on veut, mais si vous faites une bêtise, vous ne rentrez pas à la maison".

La nouvelle responsable de la sécurité, Simone Mitoko, sera en contact permanent avec employés et vigiles: au moindre agissement suspect, elle promet une réaction directe. Dans le bar, des boutons donneront l’alerte.Barmans, barmaids, serveurs, serveuses, madames pipi, voituriers: tous seront sensibilisés. "En plus des caméras, j’ai donc 150 paires d’yeux pour me soutenir". Une salle sera dédiée aux premiers soins.

Mobilité: "Un arrêt de tram et des voituriers"

"On a la chance d’avoir un arrêt de la STIB juste devant l’entrée".C’est vrai, c’est une chance. The Lift prévoit aussi un parking vélo.Mais on imagine mal les VIPdébouler en selle ou avec le tram 3.Outre "les 20 ou 30 taxis qui stationnent en permancence", la boîte a donc signé un partenariat avec une entreprise de chauffeurs haut de gamme. "Une offre globale de mobilité pourra donc être comprise dans la location de tables", annonce Da Silva, qui signera aussi des contrats avec des hôtels pour organiser le déplacement des clubbers. Enfin, le service voiturier couvrira le canal depuis le square Jules De Trooz jusqu’au pont Van Praet. "Ils surveilleront les lieux et nettoieront l’espace public après la fermeture du club".

© Luc Viatour / The Lift