En un an, le nombre de biens privés mis en location pour les touristes a augmenté de 10%.

Au mois d'octobre dernier, la Ville de Bruxelles approuvait un plan d’action pour endiguer le développement sauvage des hébergements touristiques illégaux de type Airbnb dans le centre-ville. Dans le baromètre annuel publié par l'agence Visit.brussels, on voit en effet que la Ville de Bruxelles est la plus touchée par cette augmentation de biens privés. Une bonne nouvelle pour les plateformes telles qu'Airbnb ou HomeAway, mais un phénomène qui, à termes, pose question face à la crise du logement en Région bruxelloise.

Entre 2018 et 2019, le nombre de biens privés en location disponibles par mois a, en moyenne, augmenté de 10% sur les plateformes Airbnb et HomeAway. C'est ce que montre les données données par l'outil AirDNA. Ainsi, en novembre 2018, la Région bruxelloise comptait en moyenne 5793 logements privés disponibles sur son territoire, contre 6 389 en 2019.

Pour rappel, la Région bruxelloise compte au total 7 400 bien annoncés sur le site Airbnb. Avec 2 200 logements dont 1 600 entièrement dédiés à la location touristique, la Ville de Bruxelles est la plus concernée par le phénomène.

"Il ne faut pas se tromper quant aux intentions d’une entreprise telle qu’Airbnb ; son objectif est de s’assurer toujours plus de profit au détriment du logement pour les bruxellois. C’est à quoi sont confrontées toutes les villes internationales", explique Rudi Vervoort (PS), ministre-Président de la Région bruxelloise et en charge notamment du Tourisme. "Sans vouloir opposer les touristes aux bruxellois, nous refusons que Bruxelles devienne une cité dortoir vidée de ses habitants."

Ainsi, le ministre encourage les communes a suivre l'exemple de la Ville qui a créé une cellule visant également à lutter contre les logements dit "Airbnb illégaux". "Il est important de préciser que ce qu’on appelle communément des « Air BNB » ne constituent pas une des catégories reprises dans l’Ordonnance du 8 mai 2014 relative à l’hébergement touristique. Air BNB est une plateforme de réservation sur Internet où sont, en grande majorité, mis en location des chambres chez des particuliers et des logements entiers", rappelle Rudi Vervoort. "Mais une des priorités de cette législature est avant tout d’offrir des logements décents et à prix abordable aux bruxellois. Et la spéculation réalisée par certains exploitants qui achètent des biens immobiliers entiers pour les mettre en location touristique cause une pénurie de logements pérennes classiques sur le marché locatif bruxellois."