Bruxelles Un montant en forte hausse, malgré la forte concurrence déloyale des hébergements illégaux. La BHA souhaite que l'on puisse obliger les plateformes à retirer les annonces de location illégales.

Qu’ils appartiennent à une grande chaîne internationale ou qu’ils soient gérés par un petit indépendant, les hôtels bruxellois souffrent d’une concurrence déloyale difficile à endiguer : les hébergements touristiques illégaux. La Région bruxelloise est en procès avec Airbnb sur le sujet. "Depuis la mise en application de la nouvelle réglementation sur les hôtels, des contrôles ont été mis en œuvre à Bruxelles. Cette réglementation est équilibrée et le gouvernement bruxellois a fait ce qu’il fallait en la matière", constate Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de la Brussels Hotels Association (BHA).

"Néanmoins, il reste encore de nombreux hébergements touristiques illégaux à Bruxelles. Ils ne respectent pas la législation, ne paient pas non plus la city taxe (4 € par nuitée). Cela induit une rude concurrence déloyale et un manque à gagner certain pour les finances publiques bruxelloises."

Pour la BHA, il faut forcer toutes les plateformes d’hébergement en ligne à retirer toutes les annonces illégales, d’où qu’elles proviennent. Des contrôles sont effectués. En suffisance ? Au cabinet du ministre en charge des Finances Sven Gatz (Open-VLD), on reconnaît que "Bruxelles-Fiscalité ne possède pas de source authentique fiable permettant de réaliser une vérification et d’affirmer avec certitude que chaque exploitant s’est bien enregistré. Toutefois, à partir des informations à notre disposition, nous pouvons affirmer que la majorité des hôtels et aparthôtels s’est enregistrée."

Par contre, "pour les hébergements à domicile, les chambres d’hôtes, les bed&breakfast, etc., il reste encore un nombre important d’exploitants non enregistrés." Combien précisément ? Aucune idée… Toutes celles qui n’affichent pas de numéro d’enregistrement dans leurs annonces sur les sites web. Si la Cour constitutionnelle donne raison à la Région bruxelloise, toute location touristique bruxelloise en infraction publiée sur Airbnb devra payer 1 000 euros par unité d’hébergement.

D’autant que la taxe sur les hébergements touristiques rapporte déjà pas mal d’argent. "Nous constatons une progression de la perception de la taxe sur les hébergements touristiques de l’ordre de 25 % entre 2017 et 2018", poursuit-on au cabinet Gatz. Plus en détail, la city taxe a généré 18,5 millions d’euros (en droits constatés) en 2017 et 23 millions d’euros l’an passé.

Il manque d'événements touristiques porteurs au mois d'août

Les hôteliers bruxellois remercient le Tour de France et Tomorrowland. Ces deux événements ont littéralement boosté la fréquentation des hôtels bruxellois durant ces mois de juillet et août. Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juillet - veille du contre-la-montre -, le taux d’occupation atteignait 84 %. Lors des deux week-ends du festival de musique électronique, le taux d’occupation dépassait quant à lui les 90 %. À ces deux événements, il faut ajouter la tenue du conseil européen tout début juillet.

"Nous n’aurions jamais connu de tels taux d’occupation à ces dates sans ces deux événements", reconnaît le secrétaire général de la Brussels Hotels Association (BHA) Rodolphe Van Weyenbergh, confirmant ainsi que la fréquentation hôtelière durant les grandes vacances a clairement été portée par le mois de juillet.

Sur le mois de juillet , le taux d’occupation des hôtels a atteint 78,6 %, soit 1,8 point de plus que l’année précédente, "qui était déjà un bon cru", poursuit Rodolphe Van Weyenbergh. La moyenne annuelle atteint 74 %. "Avant, le mois de juillet se plaçait sous cette moyenne. Il a beaucoup progressé par rapport aux années précédentes."

En août par contre, le taux d’occupation plafonnait à 67 %. "C’est dans la ligne de l’année dernière. Nous n’avons pas encore le détail des événements les plus porteurs. L’on sait néanmoins qu’il est nécessaire de poursuivre la politique événementielle en août", analyse le secrétaire général de la BHA.

Longtemps, Bruxelles a majoritairement accueilli un tourisme d’affaires. En très bonne place européenne sur le marché des petits congrès, la capitale belge et de l’Europe est en train de devenir une véritable destination de loisirs. L’an dernier, le taux d’occupation moyen atteignait 79 % en semaine et 67 % le week-end. "Nous constatons un rééquilibrage entre ces deux types de tourisme. Maintenant, ces deux clientèles n’ont pas le même pouvoir d’achat."