Dans le cadre du plan canal, un ancien bâtiment de la KBC, situé le long de l'avenue du Port, sera abattu pour faire place à un vaste projet de construction de nouveaux logements. Le projet inquiète de nombreux riverains qui ont pu partager leurs doléances avec Kristiaan Borret, maître-architecte de la Région bruxelloise, lors d'une rencontre organisée ce mardi soir au Centre communautaire maritime.

Les citoyens ont notamment fait part de leur crainte de voir leur quartier se gentrifier mais aussi s'enlaidir en raison de la construction de tours de logements. "J'habite juste derrière et je n'aurai plus aucune vue", a déploré une jeune Molenbeekoise. 

Le maître-architecte a cependant défendu le projet. "Je le soutiens car j'estime que la hauteur est défendable pour la zone. Je ne suis pas pour ou contre les tours : tout dépend de l'endroit et de la qualité du projet. Ce qui est sûr, c'est que je ne veux pas que le canal devienne la Côte belge, qui a été pensée dans une forme d'horizontalité. Au contraire, je veux explorer une sorte de différenciation architecturale. Il faut assumer Bruxelles comme elle est : pas harmonieuse ! La ville est très diverse au niveau architectural et c'est aussi pour ça qu'elle est intéressante."

Tirer des leçons d'un urbanisme transitoire

Kristiaan Borret a également défendu la démolition de l'ancien bâtiment de la KBC, indispensable selon lui pour rouvrir la perspective du quartier vers le canal. Il a par ailleurs réaffirmé sa volonté de maintenir un certain nombre d'activités productives dans le quartier. L'objectif : développer une mixité au niveau de la population et éviter la gentrification.

La question du parc qui sera créé le long du canal s'est, elle, avérée clivante. Certains riverains se sont dit persuadés de son succès. D'autres en revanche ont déploré le départ de l'occupation temporaire Allée du Kaai. "Qui va venir dans ce parc sans association comme l'Allée du Kaai pour y assurer des activités ?"

"Attendez de voir avant de dire que personne ne viendra, a d'emblée demandé le maître-architecte, plaidant pour un urbanisme transitoire. Il faut accepter les occupations temporaires pour ce qu'elles sont, temporaires, et en tirer des leçons. L'Allée du Kaai nous a par exemple permis de savoir qu'un skate parc fonctionne bien à cet endroit, raison pour laquelle nous en avons intégré un au parc."