Bruxelles

Le collectif Utsopi exige que la concertation reprenne avec la commune pour sécuriser le quartier.

Nous vous l'annoncions hier, une travailleuse du sexe a été agressée jeudi matin dans son carré rue Linné. C'est la seconde agression de la sorte dans cette rue du quartier Nord de Bruxelles. Face à cette vague de violences, le collectif Utsopi, l'Union des travailleuses du sexe organisées pour l'indépendance, dénonce l'indifférence des autorités communales. "Nous alertons de longue date les autorités sur la situation du quartier Nord qui se dégrade de jour en jour, laissant place à toutes les incivilités, aux marchands de sommeil, au trafic de drogues et d'armes et cela à ciel ouvert, pas seulement la nuit mais aussi en pleine journée. Que fait l'administration communale avec les 3 300 euros par an payés par chaque travailleuse du sexe, notamment pour assurer la sécurité dans le quartier ?"

Le collectif pointe aussi la lenteur de la police qui, après l'agression du mercredi 30 octobre, a mis "une heure pour arriver sur place, prétextant d'autres priorités. Pourtant, les agressions et violences faites aux femmes sont une priorité en Belgique. Les travailleuses du sexe ne seraient-elles pas des femmes mais seulement des putes ?".

Constatant le caractère raciste de ces agressions ("à chaque fois, il s'agit de femmes noires, très certainement car l'on sait la plupart d'entre elles sans papiers et dans des positions d'extrême vulnérabilité"), Utsopi réclame que "le PS, et notamment le ministre président Rudy Vervoort, se positionne pour obliger le bourgmestre Emir Kir à reprendre la concertation avec les acteurs de terrain. Sinon, "la prochaine ne survivra pas !".