Les trois amies rencontrent les plus grandes peines du monde à rentrer en Belgique et sont bloquées au Brésil, pays d'Amérique du Sud le plus touché par le covid-19.

La propagation du coronavirus aura eu raison du road-trip de six mois organisé par Lena, Yeliz et Ethel, trois amies bruxelloises âgées de 18 à 20 ans. 

Le 5 janvier dernier, les trois copines ont pris un aller simple vers l’Argentine afin de fêter la réussite de leurs études secondaires. Un "break" bien nécessaire avant d’entamer leurs études supérieures. Après avoir sillonné l’Argentine pendant un mois, les trois amies sont arrivées le 7 février en Bolivie.

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"C’est à ce moment que la propagation du coronavirus a commencé à s’accélérer", explique Lena. "Nous étions alors dans la ville de Sucre quand on a appris que le Pérou et la Bolivie allaient fermer leurs frontières. Nous avons fait le plus vite possible pour rallier São Paulo, au Brésil, d’où nous espérions prendre un vol vers l’Europe."

Mais n'ayant pas pris de billet retour, rien ne s’est passé comme prévu. "Tous les vols étaient soit complets, soit annulés. Du coup, on a passé la nuit à l’aéroport de Sucre. On a essayé de contacter le consulat belge mais nous n’avons reçu aucune réponse. On nous a dit de nous inscrire sur un site pour avoir un vol prioritaire, mais nous n’avons à nouveau pas reçu de réponse. Après de longues galères, on a finalement pu prendre un vol pour São Paulo au Brésil où nous sommes arrivées jeudi matin", précise Lena.

Depuis, la situation ne s’améliore pas et les nerfs des trois amies sont mis à rude épreuve. "Vu qu’on a pas réservé de vol via internet car les prix augmentent de manière exorbitante, on nous a conseillé de nous rendre à la porte d’embarquement une heure avant le vol dans l’espoir qu’il y ait des annulations et qu’on puisse prendre les places de voyageurs qui se sont désistés. Nous avons fait trois fois la file pendant de longues heures mais tout prend un temps dingue et à chaque fois, on a raté le vol de peu."

Depuis lors, les trois amies dorment à même le sol dans l’aéroport bondé de São Paulo. "Des centaines de touristes sont dans notre situation. Il y a des Belges, des Français, des Allemands, des Italiens, on est tous dans le même bateau. La situation est d’autant plus préoccupante que l’aéroport est rempli de touristes et il faut savoir que le Brésil est le pays d’Amérique du Sud avec le plus de cas de contamination au coronavirus. Les gens sont à bout de nerfs, beaucoup pleurent car ils n’en peuvent plus de cette situation. La communication est désastreuse", ajoute Lena.

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Les trois amies ont désormais pu réserver un vol dimanche prochain pour Paris à 500 euros, mais plusieurs informations font état d’une éventuelle fermeture de l’espace aérien brésilien d’ici dimanche. "Le vol est échangeable ou remboursable et on fait tout ce qui est en notre possible pour avoir un vol avant ce dimanche car si l’espace aérien est fermé, cela veut dire qu’on devra rester confiné ici pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois", déplore Lena.

Aujourd’hui, les trois amies aspirent à une seule chose: rentrer au pays. "Personne ne nous vient en aide et la situation est insupportable. Tout ce qu’on souhaite, c’est revenir en Belgique pour se rapprocher de nos proches en pleine période de confinement", conclut-elle.