Une enquête de Test-Achats révèle que Molenbeek, Schaerbeek et Anderlecht sont les communes où la malpropreté règne en maître.

À l’heure de la campagne électorale, tous les partis politiques placent la propreté publique parmi leurs priorités. C’est dans ce contexte que Test-Achats, à l’instar de 2012, a réalisé une enquête dans 44 villes belges afin d’évaluer l’état de propreté. Si les villes étudiées en Flandres s’en tirent bien (12 des 44 villes visitées ont reçu la cote maximale), le constat est tout autre pour les communes de Molenbeek, Schaerbeek et Anderlecht.

Afin de réaliser cette étude, les enquêteurs se sont rendus deux fois dans chaque commune pour une visite de deux heures. "Nous nous sommes limités au centre-ville de chaque commune", explique d’emblée Simon November, porte-parole de Test-Achats.

Il ressort ainsi de l’enquête que les endroits les plus sales se trouvent dans et autour de Bruxelles. Un constat qui prévaut surtout pour Anderlecht, Molenbeek et Schaerbeek.

Mais selon Test-Achats, il ne faut toutefois pas incriminer les services communaux de propreté. "Nous ne pointons pas du doigt l’action des communes qui font de leur mieux pour enrayer le phénomène. Mais nous constatons qu’il règne, dans les rues, un total manque de civisme. Une fois que les équipes de nettoyage ont le dos tourné, les déchets se réaccumulent. C’est en tout cas ce qu’ont constaté nos enquêteurs", poursuit Simon November.

Et comme la saleté attire la saleté, le problème est cyclique et permanent. "Lorsque des gens qui doivent se débarrasser de déchets voient un dépôt clandestin dans la rue, ils vont moins culpabiliser à l’idée de laisser leurs détritus au même endroit. Dans certaines rues, la problématique est telle que les piétons ne savent même plus marcher", affirme un des enquêteurs.

Bruxelles est une ville-région aux deux visages. On retrouve ainsi beaucoup de poubelles aux lieux touristiques et les équipes de nettoyage y sont très actives, avec comme conséquence que les rues sont propres. Mais dans les quartiers plus populaires, la situation est plus critique et les riverains sont bien souvent moins soucieux de la propreté. "Nous ne croyons pas trop à la répression. Les amendes sont nécessaires mais nous plaidons davantage pour l’instauration d’incitants fiscaux comme, par exemple, le fait de consigner des canettes", ajoute Simon November.

Afin d’enrayer le phénomène, les communes ont pris différentes mesures. À Bruxelles-Ville, les contrôleurs roulent depuis l’année passée dans des véhicules anonymes équipés de caméras mobiles afin d’attraper les contrevenants. Résultat : le nombre de procès-verbaux a triplé en six mois.