Des fermetures principalement causées par de fausses alertes incendie et des accidents de la route.

Au cours des six derniers mois, 1.181 fermetures de tunnels pour entretiens nocturnes ont été enregistrées. En outre, on dénombre 228 fermetures non planifiées pour la même période. C’est ce qu’il ressort d’une réponse du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA) au député Abdallah Kanfaoui (MR). Estimant que les fermetures des tunnels routiers ont un impact important, même durant la nuit, sur la circulation automobile en Région bruxelloise, ce dernier a tenu à savoir le nombre des fermetures et leur cause pour les mois encourus de l’année 2016.

Les causes de fermetures non planifiées les plus récurrentes sont les fausses alertes d’incendie. On en dénombre 52 entre le 1er janvier et le 14 juin dont plus de la moitié sont dues aux travaux dans le tunnel Stéphanie. Viennent en seconde place les accidents et les évacuations du centre Mobiris qui ont entraîné 29 fermetures durant le premier semestre de l’année 2016.

Les manifestations sont à l’origine de 23 fermetures tandis que les inondations en ont causé 14. Suivent ensuite les incidents techniques (13 fermetures); les 20 Km de Bruxelles (10 fermetures); les véhicules en panne (9 fermetures); les tentatives de suicide (6 fermetures), les incendies de tunnels (5 fermetures); les passages d’escortes (5 fermetures); les travaux urgents (4 fermetures); les alertes à la bombe (4 fermetures) et les conducteurs à contresens (4 fermetures); etc.

L’opposition MR juge alarmant le nombre total de fermetures. "C’est une conséquence directe du manque d’entretien dans les tunnels routiers entre la période 2003 - 2009. À cette époque, aucun entrepreneur n’était en charge de l’entretien systématique des tunnels routiers. Aujourd’hui, on paie les pots cassés de ce manque d’entretien", commente Abdallah Kanfaoui.

Dans sa réponse, le ministre Pascal Smet précise que la mise en œuvre progressive de la DAI (détection automatique d’incidents) à partir de 2015 a renforcé le niveau de sécurité dans les tunnels et la détection du nombre d’incidents. Les libéraux estiment cependant que l’installation de la DAI n’est pas suffisamment rapide. Tous les tunnels de la capitale n’en sont pas encore équipés alors que celle-ci avait été recommandée d’urgence dans le Masterplan de 2012, avec une priorité pour tous les tunnels longs d’au moins 1.000 mètres.

"Or, la DAI permet notamment de détecter les incendies qui représentent le risque majeur encouru par les automobilistes dans les tunnels. Si l’on ne fait pas quelque chose pour prévenir les incendies, on pourrait se retrouver face à une catastrophe telle que celle du tunnel du Mont Blanc", estime le parlementaire.

Le MR attend l’audit de la Cour des comptes…

"Si Bruxelles Mobilité est débordée, le gouvernement ne doit pas attendre que d’autres tunnels s’effondrent pour doter l’administration de moyens nécessaires. Ou alors, il faut laisser le secteur privé gérer la situation", a réagi le député bruxellois Boris Dilliès (MR) aux propos du directeur de Bruxelles Mobilité qui a dénoncé chez nos confrères de Bruzz le manque d’effectifs criant au sein de son administration. Selon ce dernier, il faudrait engager une cinquantaine d’agents supplémentaires car ses équipes se "crèvent au boulot". Quant à l’audit de l’administration qui doit être réalisé en août par un bureau d’études, Boris Dilliès se montre sceptique. "Commander une énième étude afin de réformer l’administration n’est pas la bonne voie. Dans le cadre de la commission spéciale Tunnels, nous avions obtenu le feu vert pour un audit de la Cour des comptes. Je constate aujourd’hui que cette recommandation n’est pas respectée", déplore-t-il.