Bruxelles L’opposition libérale a réclamé une commission d’enquête parlementaire.

Après l’annonce vendredi dernier de la fermeture du tunnel Stéphanie pendant au moins un an, le dossier est devenu hyperpolitique. Face à l’escalade médiatique, le ministre-président Rudi Vervoort (PS) et le ministre régional de la Mobilité Pascal Smet (N-VA) ont invité la presse pour faire le point sur l’action du gouvernement.

1) Travaux

Le ministre-président a indiqué qu’il ferait tout pour réduire la durée des travaux du tunnel Stéphanie : "Nous étudions l’option d’une réouverture grâce à la mise en place d’une solution temporaire." Des ingénieurs planchent ainsi sur la possibilité de laisser le tunnel ouvert sur une seule bande sécurisée, comme suggéré par le bourgmestre bruxellois Yvan Mayeur (PS). Du personnel sera engagé pour renforcer la gestion administrative des chantiers. Quant au tunnel Léopold II - fermé dimanche après la chute d’un fragment -, il sera inspecté complètement dans les jours à venir.


2) Mobilité

Le gouvernement, Bruxelles-Mobilité, les communes et les zones de police travaillent toujours à l’élaboration d’un plan de circulation permettant de fluidifier le trafic en surface. Après une première réunion hier, une seconde se tiendra ce mardi. L’exercice est plus compliqué qu’il n’y paraît puisqu’aucune commune ne veut subir un report du trafic dans ses rues plus résidentielles.


3) Responsabilités

Désirant faire la lumière sur "cette gestion calamiteuse", le député bruxellois de l’opposition Boris Dilliès (MR) a demandé hier la création d’une commission d’enquête parlementaire. Surfant sur ce dossier polémique, il avait déjà invité vendredi le ministre Smet à envisager sa démission. Dans le même parti, l’échevin bruxellois Alain Courtois a invité ses collègues à prendre de la hauteur, estimant que tous les partis ont une part de responsabilité dans l’état déplorable des tunnels. Sa sortie a été peu appréciée au MR. Au cabinet de Pascal Smet, on rétorque qu’il a été le premier à créer, en 2008, une allocation spéciale consacrée aux tunnels et à planifier les premières rénovations. Invitant tout le monde à regarder dans son assiette, Rudi Vervoort a rappelé au fédéral ses engagements pour accélérer la mise en place du RER. Une séance conjointe des commissions de l’Infrastructure et du Développement territorial devrait toutefois se tenir au parlement bruxellois afin d’apporter plus de clarté dans ce dossier.


4) Financement

Peut-être piqué au vif par les déclarations du ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) qui a lâché que la Flandre ne demande pas d’argent aux Régions wallonne et bruxelloise pour l’entretien de l’autoroute de la mer, Rudi Vervoort (PS) s’est montré très clair hier soir : "La Région bruxelloise ne demandera pas d’argent puisqu’il s’agit de nos compétences", a-t-il insisté tout en précisant que ces colossaux investissements risquent d’entraîner une déviation de la trajectoire budgétaire. En ce qui concerne la proposition de Didier Reynders (MR) de faire contribuer Beliris, le socialiste a rétorqué que ces fonds doivent aller en priorité au métro Nord.


Sept ingénieurs externes renforceront Bruxelles mobilité

Le gouvernement bruxellois, réuni mardi matin, a décidé de lancer, sans attendre, un marché de service pour renforcer Bruxelles Mobilité au plus vite avec 7 ingénieurs externes spécialisés dans la construction des tunnels. La réunion destinée à mettre l'ensemble de l'équipe Vervoort au diapason dans le dossier des tunnels de la capitale a été consacrée au tunnel Stéphanie, au sujet duquel le gouvernement bruxellois recherche des solutions permettant d'assurer la mobilité durant la phase préparatoire des travaux qui devrait prendre plusieurs mois, sans porter atteinte à la sécurité des usagers. Vendredi dernier, Bruxelles mobilité avait annoncé la fermeture, pour au moins un an, de l'ouvrage dont la structure portante est fortement endommagée.

A l'issue de sa réunion du jour, le gouvernement régional a rappelé que dès le mois de novembre dernier et les premiers soucis rencontrés sur le tunnel Léopold II, il avait lancé une inspection approfondie sur l'ensemble des tunnels routiers. C'est à la suite de cette étude que Bruxelles-Mobilité a été contrainte de décider la fermeture du tunnel Stéphanie vendredi dernier.

Lors de sa réunion de jeudi, l'exécutif bruxellois fera le point sur la situation de l'ensemble des tunnels.

La veille, le comité de concertation réunissant les représentants du gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées fera également le point sur ce dossier qui concerne les habitants de la capitale, mais aussi quelques centaines de milliers de navetteurs qui empruntent les tunnels bruxellois.