Parc Sippelberg à Ganshoren. Dans un coin du petit parc, dimanche matin sept personnes, pelle à la main, s’activent autour des trois bacs de compost. Il s’agit d’un compost collectif géré par ses utilisateurs avec le soutien de la commune. "Il est utilisé par les habitants du quartier, raconte Ivan, l’un des usagers. Chaque personne qui souhaite disposer du compost s’inscrit à la commune et reçoit une clé. Il y a entre 20 et 25 personnes qui utilisent le compost." Au vu de sa capacité, le compost pourrait accueillir d’autres membres.

Avant d’intégrer le groupe des utilisateurs, chaque nouvel usager reçoit une formation. "Il y a des choses que je ne savais pas, raconte Géraldine. Il vaut mieux éviter les agrumes par exemple ou bien en petits fragments. D’ailleurs en général les déchets, comme des restes de légumes, doivent être déposés en petits morceaux. Nous venons de retrouver par exemple une citrouille pourrie entière. Ce n’est pas génial."

Hier, les riverains ont réalisé le retournement du compost. C’est une opération qui normalement doit se pratiquer tous les six mois mais cette année, avec le confinement elle n’a pas eu lieu au printemps. Les habitants récupèrent dans le dernier casier toute la matière fine du compost. Ils la tamisent afin de récupérer le terreau et transfèrent la matière en décomposition du deuxième bac dans le dernier et celle du premier dans le deuxième.

"Nous trouvons plein de bestioles à l’intérieur, raconte Géraldine. Nous devons également déménager une famille de gerbilles d’un bac à l’autre. Elles se sont installées ici."

À la fin de la session, lorsque les bacs sont renouvelés. Les habitants peuvent jeter leurs épluchures, marc du café ou déchets verts comme des feuilles dans le premier bac. "Il faut ajouter de la matière sèche comme des copeaux de bois, montre Ivan en les empoignant par terre. Et mélanger souvent, cela active le système de fermentation et évite les mauvaises odeurs."

Maïté écoute. Elle réside dans le quartier depuis peu et participe pour la première fois à ce retournement de compost. "Je reviendrai, lâche-t-elle. c’était intéressant. J’habite dans un appartement et j’ai un petit balcon. Le tri des déchets est indispensable."

Et Sylvie, une autre habitante, d’abonder dans le même sens : "Cela permet aussi une connexion entre voisins. Le compost est dans un parc. c’est une bouffée de nature." "Oui c’est comme notre jardin", ajoute Maïté.

Le compost récupéré sera distribué entre tous les habitants. "Comme on habite en appartement, c’est pour nos plantes d’intérieur, confie Pierre qui est également membre des jardins collectifs de la commune. Cela les réactive." Géraldine l’apporte à sa maman . "Elle a une maison et un grand jardin et on jardine toutes les deux."