Bruxelles La DH a suivi l'intervention au coeur du dispositif.

La musique hard rock est à fond ce vendredi matin vers 11h à Evere dans une discothèque installée temporairement dans les anciens locaux Blue Star sur le terrain qui accueillera prochainement Brusafe, l’école des Métiers de la sécurité, de la Prévention et du Secours. Quelques instants après la chanson Du Hast du groupe Ramstein, des cris et des tirs venus d’un suspect isolé sont audibles dans le lieu. Le scénario est donc planté pour un exercice attentat grandeur nature inédit organisé par l’Institut d’Aide Médicale Urgente de la Région Bruxelles-Capitale (IFAMU).

Un déploiement de 23 personnes appartenant aux équipes de polices, aux pompiers de Bruxelles de la CET (Casualty Extraction Team) et à l’aide médicale d’urgence a débarqué rapidement sur les lieux. Les six policier présents, prêts à intervenir dans le lieu de l’attentat, observent un petit briefing afin de discuter de l’opération avec les autres services. “Il y a un escalier et un ascenseur. On ne sait pas exactement où ils se trouvent”, indique un des policiers avant de recevoir un message au talkie-walkie : “Il faut y aller ! Il y a des tirs à l’intérieur”.

Les forces de l’ordre ont alors tenté de pénétrer à l’intérieur de la discothèque après avoir été visés par des tirs dès leur arrivée en ligne près de la porte d’entrée du bâtiment. “Ça tire vers moi”, crie même le policier de tête alors que les blessés appellent au secours dans un vacarme important. Une fois à l’intérieur, l’équipe se divise en deux dont une qui progresse dans le bâtiment. L’autre rejoint alors les huit membres du CET pour organiser leur entrée et leur intervention dans la discothèque. Ces derniers, que la DH avait suivi en janvier dernier, sont les uniques services de secours à pouvoir pénétrer dans une zone code rouge où seuls des policiers sont censés pouvoir entrer. Le travail d’extraction des victimes a démarré après une discussion très rapide. L’intervention se déroule dans un certain calme malgré la musique et les cris des victimes. Chaque service connait sa tâche et tente de collaborer le mieux possible avec les autres. Une dizaine de blessés fictifs ont été amenés, via des cordes, des barquettes et même à bout de bras, dans une zone reculée où se trouve l’aide médical d’urgence prête à intervenir protégée par les services de police.

L’exercice impressionnant visuellement s’est déroulé en une quarantaine de minutes sous les regards d’observateurs extérieurs. C’était notamment le cas du responsable de projet Brusafe. “Cette démonstration entre dans le cadre d’une formation TECC (Tactical Emergency Casualty Care) de deux jours commencée ce jeudi. Le but est d’améliorer les opérations de secours lors d’attentats. Il faut que nos services apprennent à travailler ensemble et acquérir des réflexes communs car chacun fonctionne de façon spécifique. Un des objectifs poursuivis par Brusafe est le développement du caractère multidisciplinaire et transversal des formations, notamment lors d’exercices communs. Durant deux jours, les spécificités de chaque discipline pourront ainsi être déployées simultanément”, raconte Alain Goergen.