Quelques membres du collectif ont accroché dans les branches de l'arbre 70 oiseaux colorés portant les noms des personnes décédées. Ils ont été réalisés dans le cadre de l'atelier artistique du centre d'accueil Pierre d'Angle. Le collectif a diffusé une vidéo dans laquelle les noms des disparus sont lus par des travailleurs sociaux, des habitants des rues, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close et le ministre bruxellois Alain Maron, chargé de l'Action sociale pour la Commission communautaire française (COCOF) et la Commission communautaire commune (COCOM). 

Des représentants des différents cultes ont de plus enregistré des messages audios. "On sait qu'au moins 6 personnes sont mortes du Covid-19, mais on ne connaît les causes des décès que pour un quart à un tiers des personnes", remarque Florence Servais, coordinatrice du collectif des Morts de la Rue. "Avec 62 décès en 2019, 55 en 2015, on suit une pente ascendante depuis la création du collectif en 2005. La population sans-abri a aussi augmenté ces dernières années. On n'apprend pas non plus tous les décès. (...) Avant les chiffres, notre préoccupation première est d'offrir un adieu digne aux personnes décédées. On participe à l'organisation des cérémonies individuelles tout au long de l'année et on fait une cérémonie annuelle pour toutes les personnes décédées durant l'année écoulée afin de montrer qu'il s'agit d'un phénomène de société. En 2020, 15 personnes ont dû être enterrées sans cérémonie en raison des mesures sanitaires."