Les médecins généralistes proposent des pistes d'action pour améliorer l'accès aux soins en santé mentale.

Il y a un an, les médecins généralistes bruxellois publiaient un livre noir de la santé mentale, cri d’alarme destiné au monde politique et à la société civile sur le manque d’accessibilité aux soins de santé mentale et le sous-financement du secteur. Aujourd’hui, c’est un livre blanc qu’ils proposent, comme un cri d’espoir. “L’objectif est de sortir de la complainte et de proposer des pistes d’actions favorables à la pratique des médecins généralistes ainsi qu’un listing d’outils à leur disposition”, explique la Fédération des associations de médecins généralistes de Bruxelles (FAMGB).

Cette dernière constate d'abord que les dépressions, burnout, anxiété et assuétudes se retrouvent dans quasi tous les motifs de consultations des médecins généralistes qui ont mis tous leurs espoirs dans la réforme psy-107. Les résultats concret de la réforme de la psychiatrie semblent cependant bien minces à Bruxelles. "Preuve en est que le nombre d’hospitalisation n’a pas baissé significativement : manque de moyens, manque de synergie entre les acteurs des hôpitaux et des services ambulatoires et manque de politique du bien-être en sont les clés."

Face à ce constat pessimiste, la Médecine générale refuse toutefois de baisser les bras. Dans son livre blanc, la FAMGB a ainsi formulé douze revendications parmi lesquelles la mise en place d’un helpdesk accessible 24h/24 pour soutenir les médecins généralistes confrontés à des problématiques lourdes en santé mentale mais aussi l’intégration, au sein des cabinets de médecine générale, de soignants spécialisés. "Face à un cas compliqué, le partage de responsabilité au sein d'un réseau et la discussion permanente entre acteurs me permettent de ne pas abandonner. Seule dans cette situation, je serais tellement tentée de tout lâcher pour me trouver un job 'plus confortable' ailleurs", témoigne ainsi une femme médecin.

Trois priorités émergent de ces revendications. D’abord, la création d’une cellule d’appui couvrant tout le territoire bruxellois et accessible à tous les professionnels de première ligne. Ensuite, la concertation autour et avec le patient pour une intégration efficace de la réforme de la psychiatrie, psy-107. Enfin, une amélioration de la collaboration entre généralistes et hôpitaux, notamment par la création d’une fonction d’infirmier de liaison, assurant un suivi. “Cet ouvrage doit servir à lancer un débat et à fédérer. Maintenant, à nous tous de jouer”, conclut la fédération.