Le centre devrait ouvrir au plus tard en septembre 2021.

Dans la salle commune du Centre de rééducation de l'enfance à Bruxelles (CREB), Nevra est tout sourire. La fillette se fait coiffer par une éducatrice et elle semble aimer ça. Un moment précieux pour elle comme pour l'équipe du centre qui accueille des enfants polyhandicapés. "Ici, aucun enfant ne marche ou ne parle. Certains sont incapables de bouger", explique Danielle Van Den Bossche, directrice de l'ASBL.

Maladies dégénératives ou inconnues mais aussi maltraitance : les enfants qui fréquentent le centre sont lourdement handicapés. "Certains ne voient que le handicap alors qu'on est dans le vrai de l'humanité. C’est un peu comme ce que font les jeunes parents avec leur bébé au début : il pouvoir les observer pour comprendre leurs réactions et distinguer des pleurs de douleur des pleurs de fatigue.”

Pas de cours de math ou de français, le CREB n'est pas une école. Il accueille les enfants avec du matériel adapté à leur condition physique et mentale et leur propose des activités sensorielles (massages, ateliers cuisine) ainsi qu'une prise en charge paramédicale. Une aide cruciale pour le bien-être de l'enfant, qui a ainsi l'occasion de se socialiser. Mais aussi pour celui de ses parents. "S'occuper d'un enfant lourdement handicapé est un job à plein temps. C'est encore souvent la maman qui reste à la maison et vu les difficultés à se déplacer, sa vie sociale est directement impactée."

Fin 2018, 80 enfants étaient pourtant sur liste d'attente, aussi bien pour des places en milieu ordinaire qu’en milieu spécialisé. Face à ce constat, le CREB lance ce mercredi la construction d'un nouveau centre d'une capacité de vingt places, à côté de l'hôpital Erasme. Il générera une trentaine d'emplois directs et permettra de réduire les temps de trajet des familles résidant dans les communes de l’ouest et du nord de Bruxelles. "Nous sommes actuellement situés à Woluwe-Saint-Lambert. Certains enfants passent donc entre trois et cinq heures par jour dans les transports en commun."

124 travailleurs s’occupent des 55 enfants pris en charge, dont 27 le sont 24h sur 24. "Il y a assez de centres d’hébergement à Bruxelles. Ce qui manque, ce sont des milieux d’accueil de type halte garderie pour occuper les enfants à temps partiel et éviter qu’ils n’arrivent directement chez nous." Chaises roulantes, stations debout et autres lits adaptés constituent en effet un arsenal d’assez mauvaise augure. "Quand on arrive avec un petit bout, on n’a pas envie de se dire que c’est comme ça qu’il va grandir. C’est assez violent."

Le nouveau centre devrait ouvrir au plus tard en septembre 2021.