La zone de police Bruxelles-Midi envisage de s'installer dans un nouveau commissariat en 2023 ou 2024. La nouvelle infrastructure sera le fruit, si non d'une construction, d'une rénovation d'un bâtiment aux abords de la gare du Midi, proche du territoire des trois communes couvertes par la zone, Saint-Gilles, Forest et Anderlecht. Budget pour ce nouveau "commissariat X" (c'est son nom) : 78 Millions d'euros. "Cela pose des questions quant aux ressources de la zone de police qui peine à recruter" interroge Gaetan van Goidsenhoven (MR), ancien bourgmestre d'Anderlecht et désormais conseiller communal siégeant au conseil de police.

Construire plutôt qu'engager ?

Gaetan van Goidsenhoven remet en question la gestion du budget pour la police. "Les chiffres ne son pas rassurants, on nous annonce seulement 5% de budget en plus alors que l'index est déjà de 5%." Selon l'ancien maïeur, l'argent consacré au "commissariat X" aurait pu être investi dans le but d'embaucher du personnel supplémentaire.

C’est pourtant promesse donnée, assure son successeur Fabrice Cumps (PS). En 2022, la zone de police Midi annonce le recrutement de trente agents supplémentaires pour un budget entre 2,3 et 2,5 millions d’euros, rebelote en 2023 et 2024. Tous ces agents seront placés avec des missions de police de proximité, ce qui constitue "un geste politique fort", pour l’actuel porteur de l’écharpe.

Un amortissement sur 30 ans

Le conseiller de police s'inquiète également de la durée du remboursement d'un tel projet pour la zone. "Est-ce qu'on est sûr que tout est tenable ? Avec les intérêts, on va de voir payer cinq millions d'euros par an pendant trente ans." En effet, selon un document que la DH s'est procuré, deux simulations d'emprunts sont envisagées. Une première avec un taux d'intérêt à 1.528%, ce qui représenterait un coût de 3.260.000 euros par an pendant trente ans. L'autre simulation présente, elle, un taux à 5% également sur trente ans, ce qui élève le prix à 5.074.000 euros annuels. Des chiffres conséquents, certes, mais que Fabrice Cumps justifie. "Rénover le bâtiment actuel coûterait peut-être plus cher que 78 millions, je confirme donc à 2000 % ce choix." En effet, l’actuel commissariat central situé rue Démosthène tombe en décrépitude. Reste à savoir si le nouveau commissariat central se construira au sacrifice de ceux qui le rempliront, ou pas...