Bruxelles Le nombre de personnes qui consomment des stupéfiants en milieu festif est alarmant.

La Fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes (Fedito) a proposé une journée d’étude portant sur l’état des lieux et les perspectives du phénomène drogues à Bruxelles en termes politique, épidémiologique, actions et projets en cours. L’un des chiffres les plus marquant annoncés concerne la consommation de drogues par les jeunes. Selon le Service d’Information Promotion Éducation Santé (SIPES) et l’Université Libre de Bruxelles, 23,8 % des jeunes bruxellois âgés de 15 à 20 ans ont déjà touché, en 2014, au cannabis dans leur vie.

Et 5 % en prennent régulièrement. Le cannabis est d’ailleurs la drogue la plus consommée par cette tranche d’âge devant les champignons hallucinogènes (3,1 %) et l’ecstasy, suivi des autres drogues de synthèse (2,8 %). Ces chiffres proviennent d’une enquête intitulée Santé et bien être des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle s’inscrit dans le cadre d’une étude internationale Health Behaviour in School-aged Children qui est réalisée tous les quatre ans. Et seuls les étudiants de l’enseignement secondaire ont répondu aux questions sur le volet drogue.

Ces chiffres sont assez préoccupants. L’ASBL Eurotox qui observe la socio-épidémiologie alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles précise qu’un usage régulier a un impact à la fois sur le développement psycho-social des étudiants et sur leur réussite scolaire. L’ASBL propose donc d’allouer davantage de moyens aux écoles. "Maintenant c’est à la demande des écoles, nous devrions travailler en amont", indique Michaël Hogge, chargé de projets scientifiques/épidémiologiques à Eurotox.

L’usage des drogues en milieu festif est également conséquent. Le cannabis pointe à nouveau en première position avec 36,5 % des gens qui en consomment lors des festivals ou lors de sorties en boîte de nuit. Le speed et les amphétamines (12,6 %) se trouvent en deuxième position tandis que l’ecstasy (10,8 %) occupe la troisième marche du podium.

Précisons que l’échantillon représente une partie minime des usagers qui ont répondu à l’action prévention entre 2013 et 2015 mise en place par l’organisation Modus Vivendi, qui promeut une réduction des risques en matière de santé.

Autres chiffres et autre inquiétude : 16 personnes sont décédées en 2014 d’une overdose, relate le registre mortalité de l’observatoire de la santé et du social de la Région bruxelloise. En 2015, 6 personnes ont été infectées par le VIH suite à un usage de drogue par injection. C’est deux fois plus qu’en 2014 indique le registre VIH/SIDA.

Et chaque année à Bruxelles, environ 2.500 patients commencent un traitement des assuétudes soit dans les hôpitaux soit dans les centres spécialisés. Et le même nombre de personnes est pris en charge en psychiatrie avec un diagnostic assuétudes. La plupart du temps, les usagers qui sont pris en charge sont isolés socialement (45 %), ont un faible niveau d’instruction (33 %) ou disposent de revenus limités (26 %).

Toutes ces données sont toutefois à prendre avec précaution pour différentes raisons : les méthodologies sont fluctuantes, et certains lieux, les fréquences d’usage, le type ou encore le contexte d’usage ne sont pas toujours pris en compte. De plus, la représentativité de certaines études reste limitée.