Des jeunes ainsi que des représentants religieux et philosophiques ont pu discuter autour de thèmes de société comme le vivre ensemble.

C’est une de ces matinées qui arrive trop peu souvent. Dans le Grand Café de la place de la Monnaie, pas moins d’une dizaine de chefs des cultes se sont donné rendez-vous pour rencontrer des jeunes Bruxellois, dans le cadre de la sortie du deuxième numéro de Lueurs, le magazine annuel pour le dialogue interreligieux.

"Après les attentats, il y a eu beaucoup de débats pour savoir si notre société multiculturelle fonctionnait, mais aussi beaucoup de préjugés et de racisme. Aujourd’hui, je pense qu’il faut se focaliser sur ce qui nous unit et les valeurs que nous partageons plutôt que sur nos différences" , explique la secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances, Bianca Debaets (CD&V), en guise d’introduction au speed-dating.

C’est donc autour de ces thèmes que les jeunes vont pouvoir discuter durant cinq minutes avec chaque leader religieux. "Nous essayons de faire de notre mieux pour favoriser le dialogue. En tant qu’êtres humains, nous n’avons pas d’autres choix que de vivre ensemble", assure le président de l’exécutif musulman, Salah Echallaoui à Ali, qui approuve vigoureusement.

Un peu plus loin, la conversation s’engage entre Nicolas, un orthodoxe pratiquant, et Philippe Markiewicz, président du Consistoire Central Israélite de Belgique, sur le magazine Lueurs. "Tout ce qui permet des rencontres est essentiel. C’est par les contacts que les préjugés disparaissent", affirme ce dernier. Nicolas renchérit : "Il y a toujours des différences entre les gens, qu’ils soient d’une même famille, d’un même milieu ou d’une même religion. Le problème, c’est que la société se polarise autour d’opinions extrêmes et on n’entend pas assez ceux qui mettent en avant de belles valeurs comme l’amour."

Mais pour Nicolas, il est déjà temps de changer de table et de rencontrer Jack Mc Donald, président de l’Église anglicane de Belgique. "Vous en avez déjà entendu parler ?", demande-t-il immédiatement, avant de rappeler quelques faits historiques. "En Angleterre, il n’y a qu’un seul culte reconnu : le nôtre. En Belgique, c’est mieux, car il y en a plusieurs. Il est donc beaucoup plus facile de dialoguer avec d’autres religions", note-t-il.

Le speed-dating touche à sa fin. Les participants sont visiblement ravis. "C’était très enrichissant, j’ai parlé à des gens que je n’aurais jamais pu rencontrer. Dommage qu’on n’avait pas beaucoup de temps. À refaire !", conclut Ali.