Si l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est affirmée depuis longtemps dans des textes législatifs, dans la réalité, l’application du quota au tiers de la représentation genrée laisse les femmes minoritaires au sein des organes de gestion. Les femmes se retrouvent souvent représentées à la minorité du tiers au sein des conseils d’administration des organismes d’intérêts publics de la Région bruxelloise, pointent les députées Véronique Lefrancq (CDH) et Bianca Debaets (CD&V).

Début 2021, le conseil d’administration (CA) de la Stib compte ainsi 7 femmes et 15 hommes (31,8 % de femmes), celui de Actiris 5 femmes et 13 hommes (27 % de femmes), celui de Finance&Invest brussels arrive tout juste au tiers avec 5 femmes et 10 hommes, de même que le CA du CESRBC avec 8 femmes et 16 hommes. Les "bons élèves" restent plus proches d’une représentation d’un tiers de femmes que de la parité, soulignent les élues. À titre d’exemples, le conseil d’administration de la SLRB compte 7 femmes et 11 hommes, celui de Visit.brussels 4 femmes et 6 hommes, et celui de hub.brussels 5 femmes et 10 hommes.

Pour que les organes de gestion bruxellois soient composés d’autant d’hommes que de femmes, les deux députées ont déposé une proposition d’ordonnance au parlement bruxellois. "Si la législation de 2014 a permis de réajuster un peu la balance, le quota du tiers n’est en fait pas équilibré d’un point de vue socio-démographique puisque la population bruxelloise compte 50,9 % de femmes. Notre proposition d’ordonnance vise donc à avoir une juste représentation des femmes au sein des organismes publics et lutter contre une discrimination de genre encore bien présente", explique Véronique Lefrancq.

"Le problème est criant dans le secteur privé mais le secteur public n’est pas non plus un bon élève. Et comme on ne peut pas dépendre du bon vouloir des uns et des autres, il est fondamental d’agir plus fortement au niveau législatif. C’est le sens même de cette proposition d’ordonnance qui vise les organismes pour lesquels le gouvernement bruxellois est compétent. Tendre vers une parité femmes-hommes à ce niveau doit être une priorité absolue", ajoute Bianca Debaets.