La campagne 400 Toits a présenté les résultats d'une enquête menée dans les 19 communes bruxelloises.

En septembre dernier, la campagne 400 Toits qui lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles a lancé sa deuxième édition d'enquête Face à Face pour un logement. Pendant trois soirées et une matinée, des équipes de bénévoles ont arpenté les rues bruxelloises, allant à la rencontre des sans-abri pour leur poser des questions et connaître ainsi davantage leur profil. "Le nombre de personnes vivant en rue dans la Région bruxelloise ne cesse d'augmenter", a déploré Adrienne Vanvyve, coordinatrice de la campagne. En témoignent les derniers chiffres de la Strada, le centre d’appui du secteur bruxellois de l’aide aux sans-abri. À ceux-ci font écho les résultats de la campagne Face à Face pour un logement présentés ce jeudi matin.

En 2017, la Strada annonçait qu'encore 3 386 sans-abri et mal logés vivaient à Bruxelles en 2016. Entre 2014 et 2016, il y a eu une augmentation de 72% pour le sans-abrisme de rue, passant de 402 à 707 personnes. Si le dénombrement de 2018 n'est pas encore sorti, les 276 enquêtes réalisées dans le cadre de la campagne 400 Toits confirment que la situation s'est encore dégradée.

Sur les 276 personnes interrogées, 81% des sans-abri ont affirmé dormir régulièrement dehors. 59% d'entre eux sont à la rue depuis plus d'un an, dont 50% depuis plus de trois ans. 198 répondants ont également présenté un degré de vulnérabilité élevée et 233 souffrent d'un problème de santé chronique touchant un organe vital. Entre les deux éditions, les équipes ont constaté une augmentation du nombre de femmes dans certaines catégories. La proportion de femmes sans-abri étant à la rue depuis plus d'un an a augmenté, et de plus en plus d'entre elles sont à un degré élevé de vulnérabilité.

Enfin, 63% des sans-abri vivent sans revenus, dont 35% sont des belges.

Un logement de plus en plus inaccessible à Bruxelles

Pour les bas revenus, accéder à un logement digne dans notre capitale relève du parcours du combattant. "La crise du logement est le résultat d'un double phénomène", explique Anne-Sophie Dupont, représentante du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l'Habitat. "L'appauvrissement de la population et l'augmentation du coût du logement, ce secteur étant très peu régulé."

Alors que 50% des ménages bruxellois présentent les critères pour bénéficier d'un logement social, Bruxelles ne compte que 8% de logements dans cette catégorie. La demande réelle, elle, ne cesse de s'allonger: elle concerne près de 43 000 ménages et les délais d'attente atteignent plus de dix ans. Aujourd'hui, parmi les 300 000 ménages locataires à Bruxelles, 150 000 ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Parmi eux, 55 000 sont logés en logement public, contre 95 000 en logement privé. 

"Aujourd'hui on peut parler d'une véritable pénurie de logements modestes de qualité", conclut Anne-Sophie Dupont.