Depuis quatre générations, la famille Debodt est à la tête de la petite entreprise, rue Schmitz

KOEKELBERG Ne leur dites surtout pas qu’ils sont mécanos. Claude Debodt, ses fils, Mathias et Anthony, y tiennent : leur métier, c’est bel et bien la carrosserie. Un métier transmis de génération en génération depuis 1952. À l’époque, c’est le grand-père de Claude qui ouvre l’établissement du 74, rue Schmitz.

“Ici, on pratique encore le petit artisanat”, soutient Claude. “On travaille avec nos mains, avec notre cœur.” Même si le métier et les techniques se sont transformés et qu’il faut compter désormais sur l’électronique. “Le métier a évolué à 5.000 %. Aujourd’hui, tout est de série”, concède-t-il.

Mais chacun des trois a sa spécificité. À presque 60 ans, le père se concentre sur les expertises et devis. Mathias, lui, est spécialisé dans la peinture tandis qu’Anthony s’occupe de la tôlerie. La cohabitation au quotidien se passe bien même s’il y a de temps en temps des désaccords.

“Je ne suis pas toujours d’accord avec la façon dont mes fils résolvent un problème. Mais c’est aussi le cas pour eux.” Une question de génération, en somme !

Ce qui, depuis 60 ans, ne change en revanche pas, c’est la qualité du service. “Ici, ce n’est pas une grande enseigne. Les clients ne sont pas des numéros”, insistent-ils. Des clients fidèles comme Eddy Merckx, Sabrina Jacobs, Frédérique Ries ou l’équipe du restaurant étoilé Comme chez soi l’ont bien compris.

Mais cela signifie aussi qu’ils ne sont pas regardants sur les heures qu’ils passent à la carrosserie. “Ma journée débute à 5 h et on ferme à 18 h”, témoigne Claude. Qui pense parfois à décrocher mais pas à arrêter complètement. Son père, 84 ans, a, lui, travaillé jusqu’à ses 81 ans. Mais contrairement à d’autres patrons, le patron de la carrosserie sait qu’il y aura de la relève.

Pour Mathias et Anthony, le 74 de la rue Scmitz a toujours été une deuxième maison. Et la volonté de travailler avec leur paternel, pratiquement une évidence. Mais pas une fatalité. “Mon fils (huit mois) fera ce qu’il veut”, affirme Anthony. “La liberté de choisir, avant tout ! ”, renchérit Claude.



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