Mais quel est donc le problème avec les notes aux allures de rock expérimental d'Anna von Hausswolff ? À priori, pas grand chose, selon Clément, 24 ans, qui s'est présenté avec une cinquantaine d'autres croyants sur le parvis pour faire annuler l'évènement, en priant devant l'entrée de l'église. "Si c'était simplement de la musique profane, comme du Bach, je ne pense pas qu'il y aurait tant de monde ici pour prier." Alors, sont-ce les paroles qui indignent les fidèles ?

Certes, dans les médias, quelques heures avant le show, des analogies entre l'addiction à des drogues dures et la descente aux enfers, ou l'évocation d'une relation sexuelle avec le diable ont fait débat. "S'il n'y avait que ça... Cette chanteuse fait du dark ambiance, elle a découvert ce mouvement avec un groupe qui s'appelle Burzum, (NDLR: il s'agit en fait d'un projet solo) et elle a arboré le t-shirt de ce groupe. Ce groupe a été créé par un néo païen, anti chrétien, condamné pour meurtre et pour avoir brûlé quatre églises."

© Sylvain Anciaux

Dans le camp d'en-face, Joachim et Robin sont venus d'Ostende pour applaudir l'artiste. Selon les deux amis, Anna von Hausswolff est une artiste respectueuse, également pour l'environnement clérical. D'ailleurs, ce soir, l'artiste n'est pas venue chanter, mais juste jouer. Peu importe, les jeunes hommes analysent la situation avec philosophie, une philosophie artistique, même. "Ça rend la performance encore plus spéciale, et bien plus intéressante."

Finalement, quelques minutes avant l'ouverture des portes, les forces de l'ordre sont venues dégager la zone avec fermeté, sous les yeux de Paul-Henri Wauters, directeur général du Botanique (en charge de l'évènement), qui n'a pas souhaité commenter la situation.