Onze heures, sur le marché matinal de Bruxelles, le long du canal. À cette heure-là, les chefs et leurs associés ont déserté les lieux depuis longtemps et sont déjà aux fourneaux. Pourtant, le gratin de la gastronomie bruxelloise s’était donné rendez-vous au milieu des pastèques, des pommes et des oranges entreposées dans la halle D, qui sera aujourd’hui rebaptisée, deux ans après avoir renommé la halle G en l’honneur de Jean-Pierre Bruneau.

Parmi ces artisans du plaisir, Pierre Wynants, 83 ans dont 45 passés dans les cuisines du Comme chez soi à qui il a apporté sa troisième étoile, dans les pas de son père qui avait décroché les deux premières. "Voir mon nom associé à cette magnifique halle, cela me touche", assure, ému, le cuisinier. Au milieu des costards bleus et des tabliers blancs, le bourgmestre Philippe Close (PS) est lui aussi venu à la rencontre des chefs à qui il a tenu à "rendre hommage à ceux qui nous offrent des moments de plaisir". 

L’occasion de discuter avec Sevket Temiz (PS), président du marché matinal et Laurent Nys, le directeur général qui rêvent d’agrandir le "ventre de Bruxelles" qui compte déjà 14 hectares et recense 22 000 visites par mois, employant entre 700 et 900 personnes. Il en faudra peut-être un peu plus pour convaincre le maïeur, qui reste néanmoins très fier : "Le marché matinal fonctionne très bien, sans subside, il faut garder la ligne."