Une vaste opération de contrôle Fipa (Full integrated police action) s’est tenue, jeudi entre 13 h et 21 h, sur le réseau des transports en commun dans les six zones de police bruxelloises. Ces opérations menées par des contrôleurs de la Stib accompagnés de policiers ont pour objectif d’augmenter le sentiment de sécurité. Au total, 11.457 personnes ont été contrôlées lors de l’opération. Parmi elles, 583 ont été verbalisées pour absence de titre de transport.

Mais les opérations Fipa ne permettent pas uniquement de coincer les fraudeurs. Les personnes en séjour illégal sont aussi visées. Une permanence extra était d’ailleurs prévue par l’Office des étrangers afin d’assister adéquatement et rapidement les services de police. Et sur les 15 personnes arrêtées administrativement jeudi, on dénombre 13 sans-papiers.

Un procédé que dénonce la députée bruxelloise Céline Delforge (Écolo). "Le fait de contrôler des identités sur la voie publique est très réglementé. Sans véritable motif, c’est interdit. Je pense donc que le contrôle de titres de transport est utilisé pour vérifier les identités. C’est une instrumentalisation de la Stib !"

Même si ce type de contrôle s’est multiplié avec l’arrivée de 400 policiers supplémentaires sur le réseau, la Stib affirme que la procédure n’a pas changé. "On a toujours demandé leurs papiers aux personnes qui n’ont pas de titre de transports. La seule différence, c’est que la police accompagne plus souvent les contrôleurs. Chaque semaine, on envoie le planning aux zones de police qui fournissent des effectifs si c’est possible. C’est une demande du personnel. Cela permet de se réapproprier des lieux où les contrôleurs n’osaient plus aller. Sur le terrain, la police fait son travail de contrôle normal. Ce n’est pas notre rôle de dire s’ils doivent ou non arrêter des sans-papiers", indique Françoise Ledune, porte-parole de la Stib.

Pour la députée écologiste, il y a une confusion entre ces opérations coup de poing et la volonté de sécuriser le réseau. "Un tel déploiement de force laisse penser qu’il y un danger et ne procure par un sentiment de sécurité. Plutôt que d’avoir une vingtaine de policiers présents durant deux heures, il serait plus utile d’avoir deux policiers en permanence. S’ils pouvaient être dans les stations de métro désertes le soir, ce serait rassurant", estime Céline Delforge.

Même si la Stib assure que la chasse aux sans-papiers ne fait pas partie de ses objectifs, il s’agit en tout cas de l’une des conséquences de ces contrôles policiers accrus sur le réseau. Entre le 13 avril 2012 et le 1er mars 2014, une partie des 1.968 illégaux arrêtés par la police des chemins de fer a été interceptée lors de contrôles Stib et SNCB.