Bruxelles Le collectif 1030/0 qui lutte pour plus de sécurité routière à Bruxelles a remis un mémorandum de dix revendications aux négociateurs du futur gouvernement bruxellois. Pour la cinquième fois depuis janvier, Schaerbeek a été le théâtre d’un nouvel accident de la route impliquant un piéton ce jeudi matin. Un énième drame qui effraie la population bruxelloise et qui fait lever les voix des associations et comités de quartier. 

Par hasard, le collectif 1030/0 qui lutte pour plus de sécurité routière à Bruxelles avait prévu une réunion jeudi soir pour définir leurs actions et engagements sur l’ensemble du territoire bruxellois. Quelque 70 personnes se sont donc réunies pour parler du sort des routes bruxelloises et de leurs usagers actifs, sujet brûlant au vu des événements du jour-même. 

“La conclusion de cette réunion est qu’on veut vraiment travailler à un niveau régional. On veut que tout Bruxelles puisse évoluer vers plus de sécurité routière”, déclare Benoît Gérard, membre et porte-parole de 1030/0. Le 7 juin dernier, le collectif a d’ailleurs remis aux mains des négociateurs du futur gouvernement bruxellois Rudi Vervoort (PS), Laurette Onkelinx (PS) et Elke Van den Brandt (Groen) un mémorandum de dix revendications concrètes pour plus de sécurité routière à Bruxelles. Car si Schaerbeek fait couler beaucoup d’encre en ce moment, les statistiques ne montrent pas plus de drames à Schaerbeek qu’ailleurs. “Schaerbeek est une grande commune et n’est pas la plus touchée. On parle de cette commune, mais peut-être pas assez des autres”, explique Benoît Godart, porte-parole de Vias. Selon les chiffres de 2017, 3 800 accidents impliquant un piéton ont eu lieu en Région bruxelloise et Schaerbeek ne se trouve même pas dans le top 5 des communes les plus touchées. 

“La place de la voiture est encore beaucoup trop importante dans la ville”, déplore Benoît Gérard. C’est pourquoi le collectif demande l’installation d’infrastructures qui donnent la priorité aux usagers actifs. “Dans un article qui fait réagir notre bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi) à l’accident de jeudi, ce dernier dit ‘on ne va quand même pas mettre des casses-vitesse partout’. Ça pose questions sur les priorités données par les politiques. Il faut repenser les routes en pensant en premier lieu aux piétons, aux cyclistes, aux usagers des transports en commun et puis seulement pour les voitures. Il faut construire des trottoirs plus larges et des pistes cyclables sécurisées.” 

Ensuite, le collectif appelle à l’augmentation des budgets pour la sécurité routière et à une vision zéro tué, zéro blessé graves. “On veut aussi une zone 30 généralisée sur tout le territoire à l’exception des grands axes”, poursuit Benoît Gérard. 

Et pour l’association schaerbeekoise, la sécurité routière doit également être la priorité des zones de police. “Il faut plus de matériel adéquat, plus de contrôle et plus de brigades cyclistes”, explique le porte-parole en précisant qu’à Louvain et à Gand, il y a cinq fois plus de contrôles policiers qu’à Bruxelles, proportionnellement à la population. “Il faut que ce sentiment d’impunité des conducteurs cesse. Le conducteur qui a renversé cette jeune fille jeudi soit lourdement sanctionné, que les amendes pour excès de vitesse soit repensés et plus adaptés. Sans ça les conducteurs continueront d’enfreindre la loi.” 

Le collectif demande, en outre, à nos futurs dirigeants plus de sensibilisation au respect du code de la route et une diminution de la pression automobile. Enfin, 1030/0 propose de stimuler les nouvelles technologies en matière de sécurité routière, suggérant notamment des systèmes de plaques au sol qui s’affaisseraient quand les voitures dépassent la limite autorisée. 

“Il faut que les politiques cessent d’être frileux et décident enfin de choisir la sécurité routière à la fluidité du trafic et le confort des automobilistes. Il faut arrêter les sparadraps sur les plaies béantes de la sécurité routière et prendre des mesures de fond. C’est urgent”, conclut Benoît Gérard.