Tout juste rénovée, la maison dispose de six unités pouvant accueillir des femmes seules ou avec enfants. Outre les logements privés, une pièce de vie, une cuisine commune et un jardin permet aux bénéficiaires du projet de sortir de l’isolement.

"Un bâtiment de la place Lemmens accueille déjà des femmes qui ont des problèmes de logement. On s’est rendu compte qu’on est confronté à de nombreuses femmes victimes de violences conjugales qu’il n’y a pas assez de structures pour les accueillir à long terme. Dans le même temps, des partenaires sont venus vers nous pour nous dire qu’ils aimeraient avoir un bâtiment qui s’adresse à ce public-cible, c’est comme ça que le projet s’est développé", explique l’échevine du Logement Fatiha El Ikdimi (CDH).

La maison est gérée par l’Union des locataires d’Anderlecht-Cureghem (ULAC) et une Agence immobilière sociale. Deux autres partenaires complètent l’équipe : la Maison des parents solos et la Maison rue Verte. "On n’est pas en contact direct avec le public mais on partage notre expérience sur la façon d’aborder les familles et les violences conjugales pour que le projet se déroule au mieux, précise Noura Bouaoud, assistante sociale à la Maison rue Verte. On est en train de construire un règlement d’ordre intérieur et une charte avec les femmes pour qu’elles se sentent bien dans cette maison."

© Cameriere

Le projet offre aux femmes dans le besoin un logement de transit sans limite de temps. "On accueille et accompagne des familles monoparentales qui ont régulièrement besoin de trouver un logement à prix modéré. Ce projet offre une solution concrète au problème de logement, très criant à Bruxelles. Il permet aux bénéficiaires de se poser et se reposer avant de chercher un emploi et un logement durable", indique Nadia Essouayah, assistante sociale à la Maison des parents solos.

Si la cuisine fait partie des espaces communautaires, une kitchenette est installée dans chaque logement privé. "Partager une maison n'est pas forcément un choix de vie pour ces mamans. Mais quand elles se rendent compte que c'est propre, lumineux et qu'elles ont des espaces privés, certaines sont partantes. Elles peuvent ainsi créer du lien. Je trouve qu'un esprit de solidarité et d'entraide s'est créé, par exemple pour la garde des enfants."

Fatima (nom d’emprunt) a quitté Anvers du jour au lendemain pour trouver la sécurité. "J’ai d’abord loué un AirBnb mais je ne pouvais pas m’y domicilier. Ici, c’est possible même si c’est provisoire. Et il y a une caméra et une porte en fer donc je n’ai pas peur. Entre la pandémie et le déménagement, ça a été très compliqué pour les enfants mais ils commencent à aller mieux, ils se sont fait des amis grâce à l’école."

Avec ses deux adolescents, elle a été la première à emménager dans la maison, en décembre dernier. "Pour moi, c’est un endroit de secours provisoire. Et j’y ai trouvé du partage et de la chaleur humaine, c’est pour ça que j’ai accepté d’y vivre. Avant d’arriver à Bruxelles, je n’avais plus parlé à un adulte depuis des semaines. Ici, je suis bien entourée. Jeudi, on a organisé une soirée entre nous, c’était génial."