Le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé, mercredi après-midi, une peine de 8 ans de prison à l'encontre de Soufiane E., un jeune homme de 18 ans, reconnu coupable de tentative d'assassinat commise en 2018 dans le quartier Peterbos à Anderlecht. Celui-ci a toutefois été acquitté de la prévention de dirigeant d'une association de malfaiteurs active dans le trafic de drogue. Soufiane E. était en aveu d'avoir fait partie d'une expédition punitive le 28 décembre 2018 dans la cité de logements du quartier Peterbos à Anderlecht. Un homme avait été tabassé à coups de pied, de poing et de bâtons, puis poignardé, par au moins cinq personnes, dans le cadre d'un règlement de comptes au sein d'un trafic de drogue. Il avait survécu, après avoir passé deux jours dans le coma.

Soufiane E. était mineur au moment des faits mais le juge de la jeunesse s'est dessaisi de son cas. Il a donc été renvoyé devant une chambre spécifique du tribunal correctionnel. Les autres suspects, majeurs au moment des faits, ont quant à eux été renvoyés devant une autre chambre.

Le prévenu avait reconnu avoir participé aux faits et avoir frappé violemment la victime en lui donnant "quelques shots". Mais il avait affirmé que l'intention n'était pas de la tuer mais de l'intimider dans le but de s'approprier un territoire de vente de stupéfiants.

Il avait aussi déclaré qu'il n'avait pas assisté à la deuxième phase des faits, lors de laquelle des coups de ciseaux ont été donnés, parce qu'il avait pris peur et avait décidé de quitter les lieux.

Le tribunal a toutefois considéré que Soufiane E. "manque de toute crédibilité lorsqu'il affirme qu'il n'a pas vu l'arme blanche". Par ailleurs, le tribunal a, sur base d'une longue analyse des images des caméras de vidéo-surveillance, relevé que le prévenu n'avait pas été le premier à quitter les lieux du crime. "Il reste quelques secondes encore avec les autres. Il ne s'est pas désolidarisé de leur action", ont établi les juges.

Concernant la prévention de dirigeant d'une association de malfaiteurs, ceux-ci ont par contre suivi la défense, Me Caroline Heymans, et ont acquitté le prévenu. Ce dernier était en aveu d'avoir vendu de la cocaïne et du cannabis, mais contestait avoir dirigé le trafic. "Il n'y a aucun doute que le prévenu avait pris de l'ampleur au sein du trafic, mais il n'est pas établi à suffisance de droit qu'il a eu un rôle de dirigeant", ont considéré les magistrats.

Pour la détermination de la peine, ils ont tenu compte de la gravité des faits, et de la circonstance que le prévenu était en libération conditionnelle pour des délits dont il avait été reconnu responsable par le juge de la jeunesse. Ils ont toutefois également pris en considération un "très léger début de remise en question" du jeune homme.