L'association a d'abord proposé un cours de kickboxing et les policiers ont ensuite pris la main pour un entraînement. "J'ai le sentiment qu'on voit surtout - et dans les médias aussi - le mauvais côté des relations entre les jeunes et les policiers, mais mon expérience sur le terrain me fait dire que tout ne va pas si mal", a remarqué un policier de Bruxelles-Ixelles à l'initiative du projet. 

"À la police, il est difficile d'organiser des choses au niveau de la base, car il faut passer par la hiérarchie, mettre d'accord beaucoup de monde... On a donc choisi d'organiser une rencontre en dehors du travail, en lien avec notre communauté "Leathlete", avec laquelle on fait déjà depuis 3 ans des entraînements entre policiers sur notre temps libre".

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L'élue PS Nevruz Unal a accepté de devenir la marraine de l'événement à titre personnel : "J'ai toujours apprécié d'aider bénévolement les jeunes. Dans mon rôle d'échevine, et j'ai hérité de la Prévention en décembre, je vois qu'à Ixelles on mène beaucoup d'actions avec les éducateurs de rue. Le politique est une émanation du peuple par le vote et on se complète tous en fait. C'est en menant des actions ensemble à différents niveaux qu'on arrive à de bons résultats".

C'est dans cette même intention que l'avocat bruxellois Younes Sebbarh a fondé l'ASBL "Road to Glory", qui rassemble aujourd'hui plus de 90 jeunes. "Beaucoup proposent aux jeunes de milieux défavorisés des activités pour les soutenir au niveau scolaire ou pour leur faire découvrir des métiers, mais il y a aussi des jeunes qui restent à traîner en rue et je trouvais qu'il manquait d'initiatives non répressives pour ces jeunes qui font des bêtises. Ce sont des jeunes très difficiles à attirer. On a voulu aller vers eux en passant par leurs centres d'intérêt et on a pensé aux sports de combat". 

Ils peuvent s'entraîner tous frais payés avec des parrains, qui ont des métiers divers, et sont accompagnés dans certaines de leurs démarches scolaires et professionnelles.
L'agent des forces de l'ordre impliqué voit dans la rencontre du jour "une occasion de ne plus voir les policiers comme des ennemis. Les policiers s'intéressent beaucoup aux sports de combat, mais ils sont aussi très populaires chez les jeunes avec le football. Ça nous permet de nous retrouver sur un terrain commun et puis de se rendre compte qu'on a parfois des parcours similaires..."
Il espère pouvoir réitérer et démultiplier ces rencontres sportives entre des jeunes et des policiers, en les ouvrant à d'autres sports et à des agents d'autres zones de police.