Le texte préconise notamment de charger l'Observatoire pour la Prévention et la Sécurité (OBPS) de mettre sur pied, en collaboration avec les six zones de police, un monitoring "systématique" et "objectif" des processus sociaux et méthodes de police influant sur la confiance entre les forces de l'ordre et les citoyens, dont le profilage ethnique.

Ce texte élaboré à la suite d'auditions devant le parlement régional a été approuvé par onze voix pour (tous les partis de la majorité, rejoints par le MR et le cdH) et une contre, celle du député Mathias Vanden Borre (N-VA). Le PTB-PVDA s'est abstenu. et la députée Bianca Debaets (CD&V) a annoncé qu'elle ferait de même en séance plénière en jugeant la résolution "pas assez équilibrée". Le député PTB Petya Obolensky regrette de son côté que toutes les propositions qu'il a présentées, comme le récépissé de contrôle et le droit de filmer pour les citoyens et journalistes ont été rejetées.

La rédaction de cette résolution fait suite au décès d'un jeune homme de 19 ans, Adil, à Anderlecht, le 10 avril dernier, après qu'il eut percuté un véhicule de police avec son scooter, alors qu'il fuyait un contrôle. Sa mort avait provoqué des émeutes.

Le texte propose notamment de soutenir les six zones de police bruxelloises par une généralisation de la "community policing" ou de la police de proximité en renforçant les brigades à pied, à vélo ou à cheval qui doivent devenir davantage la norme, afin que les policiers soient disponibles et abordables dans la rue.

Il suggère aussi de charger Bruxelles Prévention et Sécurité (BPS) de rassembler ces informations et d'élaborer un monitoring des bonnes pratiques relevées à l'étranger en matière de lutte contre, notamment, le profilage ethnique.

La résolution préconise encore d'accroître le nombre d'agents recrutés localement et d'insister auprès des autorités fédérales sur l'amélioration et éventuellement l'allongement de la formation de policier, afin d'accorder davantage d'attention à la lutte contre la discrimination et le racisme, et l'interdiction du profilage ethnique.

La Région demande aussi de prévoir une formation plus longue et renforcée pour les agents avant qu'ils puissent prendre le volant d'un véhicule de police. Cette formation ne dure actuellement que deux jours, alors que la plupart des victimes mortelles sont décédées au cours de courses-poursuites.