30 inspecteurs de la brigade Uneus, créée en juillet, se concentrent sur les vols avec violence


BRUXELLES S’ils n’étaient pas la pour discuter avec la jeunesse délinquante, une simple bagarre pourrait se terminer en émeute. Et des braqueurs multirécidivistes courraient toujours dans la nature… Eux, ce sont les inspecteurs du koban Uneus – pour Union pour un environnement urbain sécurisé. Koban, kesako ? C’est un petit commissariat, dont les membres font de la proximité leur priorité. Et le point fort de ces 30 inspecteurs, c’est justement de connaître leur quartier comme leur poche.

Leur zone est celle du bas de St-Gilles (de l’avenue Fonsny à l’Hôtel des Monnaies), “ce qui nous confronte à toutes sortes de criminalités”, éclaire Filip Bombaert, le responsable opérationnel. C’est depuis juillet que le koban Uneus a été instauré, “en réponse à un sentiment d’insécurité accru de la part des riverains. Il fallait restaurer la confiance, voilà pourquoi la commune a pris cette initiative”.

Depuis trois mois, trente délinquants ont été mis à disposition du parquet par l’équipe. Les inspecteurs reprennent souvent, de A à Z – alors que d’ordinaire, plusieurs équipes, dont celles des interventions, se chevauchent – les affaires de “vols avec violence, vols à main armée, arrachage de chaîne, etc.”. À chaque maillon de l’enquête – intervention, poursuite des suspects, arrestation(s), reconnaissance faciale, audition du voisinage –, ce sont encore ces policiers qui tiennent les ficelles.

“Si, il y a cinq ans, on avait été confrontés aux mêmes coups de feu qu’il y a deux semaines à la place Bethléem, à coup sûr cela aurait tourné en émeute. Mais là, les hommes connaissaient les jeunes impliqués et ont réussi à les calmer et éviter d’autres conflits…”

Rien que sur le mois d’octobre, la moyenne des vols avec violence sur Saint-Gilles a diminué de 50 % (de 60 à 30), “mais on n’est pas les seuls à avoir joué un rôle là-dedans”, relativise le policier. Il n’empêche, leur présence est remarquée, et appréciée de tous les riverains saint-gillois.

© La Dernière Heure 2012