La résidence Charles Woeste fait l’objet de vandalisme presque au quotidien.

À quelques pas de la station de métro Belgica, la résidence Charles Woeste abrite 400 appartements dans un quartier plutôt calme. Mais depuis un an environ, la paix a laissé place aux actes de vandalisme, de plus en plus réguliers. Carreaux cassés, poubelles brûlées, portes d’ascenseur déboîtées, "nous sommes confrontés à des dégradations qui deviennent insoutenables pour les habitants", explique le gestionnaire de l’immeuble. En cause, une bande de jeunes récidivistes. "Au début, c’étaient des jeunes de Molenbeek qui trafiquent de la drogue. Aujourd’hui, ce seraient surtout des jeunes Jettois qui font comme chez eux et dégradent notre bâtiment par plaisir."

"Ils sont en bande de dix ou quinze, poursuit une habitante. Certains sont vraiment très jeunes, douze ans peut-être. D’abord, ils allaient dans les caves et les garages pour voler. Alors on a augmenté la sécurité. Depuis, ils s’installent dans la cage d’escalier pour fumer leurs joints." Une autre propriétaire ajoute : "Entre Noël et Nouvel An, un extincteur a été vidé au huitième étage. Tous les week-ends, il y a quelque chose de cassé. Quand je rentre du travail le soir après 19 h, une bande de jeunes est systématiquement installée sur le côté du bâtiment. Ainsi, on ne les voit pas depuis la rue et ils peuvent fumer leur marijuana tranquillement."

Il y a six mois, la résidence a renforcé les portes d’accès et investi plus de 50 000 euros pour la pose de caméras. Mais ces efforts n’ont pas porté leurs fruits. "Ils démontent les caméras avec des pieds-de-biche et continuent à nous cambrioler et à vandaliser le matériel. On a besoin d’images pour les identifier et porter plainte mais s’ils cassent systématiquement les caméras, est-ce que vaut la peine de les réparer ?" Outre les caméras, des gardes ont été embauchés, sans plus de succès. "La situation est telle que certains gardes ont peur et ne reviennent plus, déplore le gestionnaire. Les jeunes continuent à rentrer dans le bâtiment pour casser des portes et monter sur le toit. De là, ils lancent des pierres sur les policiers."

Cagoulés, les jeunes sont difficiles à attraper sur le fait. "Quand la police arrive, ils sont déjà partis. En un coup, ils s’éparpillent de tous les côtés et disparaissent avant de revenir le lendemain", expliquent les habitants. De son côté, le gestionnaire dénonce " la lourdeur et la lenteur administrative de la justice qui laisse ces jeunes en liberté".

De nombreux propriétaires regrettent quant à eux leur choix. "J’habite ici depuis 1986. Si j’avais su, je n’aurais pas acheté dans ce quartier." Une autre résidente confirme : "Ça fait huit ans que je suis ici. On nous avait dit que c’était un coin calme et sans histoire, ça a bien changé depuis."

Une réunion avec l’ensemble des occupants est prévue demain à 19 h dans l’enceinte de l’immeuble pour informer les copropriétaires de la situation. "J’espère qu’on trouvera enfin des solutions !"